La Nesque amont & les Gorges

 

Des points chauds de la biodiversité

 

Le Pic épeiche

 

On a vu disparaître des espèces. (D). Les pêcheurs répondirent, dans leur domaine de compétence. Silence par ailleurs ou bien, « Servir l’eau potable importe plus que vos poissons et vos bestioles ».

Combien d’espèces ordinaires, ou remarquables, ont déjà disparu, ou sont menacées ? Ça peut faire désordre dans des territoires ZNIEFF, Natura 2000, Réserve de Biosphère, Projet de PNR, classés Man and Biosphère, Station verte de vacances etc. Un arsenal juridique ! Directives, Conventions, Arrêtés préfectoraux, lois françaises… Respect, honnêteté d’abord.

Si vous gardez une truite trop petite… ? Si vous campez dans les étroites pairies des Gorges : attention, procès-verbal indéfendable pour « Dérangement de la Faune sauvage ».

Si, pour cause de bulle touristique dépassant espérances et prévisions,  vous privez le ruisseau de son eau, et que presque tout y crève, le droit serait-il avec vous ? Cas d’Ecole d’Aurel à Monieux. Pour combien de temps encore ?

« La menace est plus difficile à évaluer que la raréfaction ». Il faudrait, ici, reconquérir la biodiversité avant d’avoir fait des inventaires objectifs fins et complets. Paradoxe !

  • Déjà, en 1979, un petit coquillage bivalve, Pisidium pumilum, diamètre 4-5 mm, disparut sans tambour ni trompette. (D). Maillon faible de biodiversité ?
  • En 1981-82, la Mésange rémiz penduline, Remis pendulinus. (D).
  • La Grenouille rousse Rana temporaria,  la Rainette méridionale Hyla meridionalis, disparurent du lac de Monieux lors de l’essor des populations de canards.
  • Le Crapaud persillé, Pelodites punctatus se maintient près des abreuvoirs à gibier. Le Crapaud accoucheur, Alytes obstetricans est encore présent dans les gorges et sur le Plateau des Abeilles, peut-être ailleurs. Disparu de Monieux.
  • Jusqu’en 1983-84, le plan d’eau de Monieux servait de dortoir à 2000 à 3000 Hirondelles rustiques, ou Hirondelles de cheminées, Hirundo rustica. Elles venaient du Bassin d’Apt, tous les soirs d’été. Spectaculaire ! Abandon du site, caravanisé nuits et jours ?
  • En 1990-95, le Cincle plongeur, Cinclus cinclus. (D?). Présence jamais vérifiée depuis en aval, dans les Gorges.
  • En 1996, les Ecrevisses à pieds blancs, Austropotamobius pallipes. (D). Jusque-là : 10 individus par mètre linéaire, y compris dans un petit affluent de la Nesque. Comptage nocturnes effectués durant 20 ans par les instances des pêcheurs, Fédération départementale des AAPPMA et CSP et Association des pêcheurs, AULN.
  • Merle bleu, Monticola solitarius, et Merle de roche, Monticola saxatilis,  sont des joyaux des Gorges difficiles à observer. Leur survie dépend de l’eau piégée en été, dans les Gours, vers St Michel. Qu’en est-il de leurs effectifs ? Leur survie dépend des points d’eau.

Plantes pas revues :

  • Ranunculus trichophyllus, renoncule a petites fleurs blanches. A « déserté » le plan d’eau et le ruisseau. (D).
  • Ranunculus fluitans, à fleurs plus grandes, magnifiques, n’est pas revue. A rechercher en amont. (D).
  • Les Potamots, Groenlandia densus ont disparu. (D). Canards et poissons blancs sont responsables de l’élimination des populations des 3 espèces ci-dessus.
  • Alisma plantago-aquatica se raréfie…
  • La majestueuse Scrofulaire, Scrophularia aquatica, à tiges ailées, n’est plus revue. (D?).
  • La Germandrée à odeur d’ail, Teucrium scordium, découverte au plan d’eau il y a 20 ans par les botanistes de la SBV, puis pas revue durant 16 ans, s’est réinstallée depuis 4 ans. Présente en Août 2015, elle a subi, hélas, 3 fauchages successifs facilitant le caravaning. Quelle idée de pousser là et pas ailleurs !

Très préoccupantes raréfactions :

  • Truites, Loches franches, Vairons, Libellules, Nèpes cendrées, Ranâtres, Dytiques et autres Coléoptères aquatiques sont gravement raréfiés. Les gyrins ? Disparus. Convergence des causes : on tire de plus en plus sur les sources, les nappes et le ruisseau. L’étiage estival, répétitif chaque année, est meurtrier. Les pêcheurs sont, eux aussi, « en extinction », pour certains découragés ou résignés.
  • Pour les Chauve-souris, on est passé de 10 espèces présentes, à une seule. Quelques rares individus. Manque de refuges diurnes ?
  • Les effectifs des populations de Papillons, Libellules, sont divisés par… 100 (?). Causes mystérieuses ou évidentes ?
  • L’Aigle royal, Aquila chrysaetos, n’a pas niché pendant 4 ans. Périmètres de quiétude pas respectés ? Grands corbeaux trop présents autour de l’aire ? Manœuvres militaires dans les Gorges ? Il est revenu nicher en 2015. L’aiglon quitta l’aire le 10 Août, aussi gros que son père. Un peu plus petit que sa mère.
  • En 2010, la Rousserole turdoide, Accrocephalus arundinaceus, abandonna le lac. Cet oiseau camarguais y nichait depuis 1980 (±). L’oiseau criard, facile à repérer, y avait établi un record altitudinal de nidification. Record d’Europe d’après le CROP ? Peut-être bien ! Trop de dérangements ? Caravaning ? Tyrolienne ? Trop de canards ? Qui sait ?

 

Espèces nouvelles, invasives :

  • Les canards du lac charment chacun, chacune, et assouvissent pleinement le besoin de nature de tous. La « réussite » écologique des années 80 tient toujours.
  • Les poissons blancs, peu exigeants en O2 remontent jusqu’au pont de Noel, ravagent les frayères des truites, vairons, loches, en intenable survie. Qui a déversé des géniteurs ?
  • Les invasives « écrevisses signal ou de Californie », Pacifastacus leniusculus , se chargent du reste. Qui les a importées ? Fulgurante invasion. Un vrai casse-tête pour l’avenir. Détruisent tout, y compris les berges.
  • La grenouille rieuse, Rana ridibundus, n’est pas un produit du terroir mais c’est une championne pour la Com. sur la question des milieux humides, et… pour la reproduction, depuis une vingtaine d’années.


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