Fonctions

 

La Nesque d’Aurel à Monieux ? Une rivière aux fonctions diverses, écologiquement éminentes, économiquement non négligeables, y compris pour la qualité de la vie et le simple bonheur, pas quantifiable, des gens.

 

 

Fonctions d’approvisionnement. Fonctions sociales:

  • Eau de consommation domestique. Prélèvement limité à 30 000 m3 par an. Pertes considérables (50 %) par canalisations vétustes  (plus de 50 ans). Serait-ce hors sujet ?
  • Eau d’arrosage : graines et plants d’aromatiques. Jardins. Eau pour abreuver les bêtes. Eau de confort, d’apparat et de plaisance. Piscines par exemple.
  • Fonction d’épandage et de fertilisation du lit majeur pendant les crues.
  • Fonction de maintien d’espaces récréatifs, contemplatifs, reposants.
  • Sur tout le parcours, la beauté paysagère est, comme la statue allégorie de la Nesque, une réalité palpable. Qui peut tenir un discours de déploration sur l’état de l’eau et du ruisseau dans ce cadre idyllique ? On ne le voit pas. 80 % des animaux aquatiques meurent chaque année, incognito. Les espèces aquatiques seraient-elles le maillon faible de la biodiversité du projet PNR ? Les canards du lac suffisent, certes, à l’assouvissement du désir de vraie nature. Qui osera évoquer « la cuillère de goudron dans le tonneau de miel », la Nesque qui meurt tous les étés ? Il suffit de bien touiller le goudron. De même, et c’est édifiant, quand les analyses de l’eau des sources affichaient des molécules gravement indésirables, on diluait cette eau (Directive d’un Arrêté préfectoral) avec celle de la Durance pour en abaisser la concentration, avant de la distribuer !

 

Fonction de soutien écologique  :

             

  • Elle produit de la biomasse favorable à la mise en place de réseaux trophiques.
  • Elle lessive, dissout, se charge, colporte, évacue pus bas, plus loin, les molécules pas forcément sympathiques. Le taux de Cl-, par exemple, augmente vers l’aval. La retenue à Monieux piège P et N. Son eau stagnante à l’étiage se réchauffe. L’eutrophisation est inéluctable avec ses mortelles conséquences pour les demandeurs d’O2. Cas de soutien écologique inversé.
  • En période de bulle touristique majeure et de pics de soutirages aux sources  les courts tronçons qui restent en eau fournissent la précieuse opportunité de survie à quelques représentants de la faune sauvage.
  •  On y vient de loin ! Sa fonction d’accueil de la vie sauvage est énorme. Y compris pour les rares gours des Gorges restés en eau en été.

Fonction de résidence pour des écosystèmes divers, au cœur des immenses « déserts » calcaires :

  • Les milieux que la Nesque fonde, ou aménage et injecte dans notre région ont un caractère insulaire et exotique fort. Ils sont l’exception, très loin autour !
  • Prairies humides. Ripisylve à bois tendre, au ruisseau, mais à bois dur dans les gorges.
  • Ecosystèmes lotiques. Courant important, (en m/s), oxygénation importante, température fraiche.
  • Ecosystèmes lentiques. Courant faible ou nul, oxygénation faible, réchauffement.
  • Eau stagnante par endroits, comme au lac en été.
  • Affluents pérennes des Bains aux berges non détruites. Présence de H2S.
  • Affluents alternant périodes en eau et à sec : Vallat de Buan, de Verdolier.
  • Tous ces écosystèmes diffèrent. Débit, vitesse, hauteur d’eau, taux de O2 dissout, charges en MES, matières en suspension, lumière, taux d’humidité pour certains etc. Les résidents (plantes et animaux) diffèrent d’un milieu à l’autre. Les assemblages d’espèces sont multiples. Ces biodiversités, des écosystèmes, et des assemblages d’espèces, sont très vulnérables car dépendants des conditions Ph-Ch, si fluctuantes.

Ici, on a atteint, ces dernières années, des situations létales intéressantes. 2010 fut l’année de la biodiversité. 2014 fut très généreuse question pluviométrie. Les mortalités saisonnières se produisent pourtant toutes les années dans un silence décent. Parlez-en, il vous sera tout simplement répondu : « La priorité c’est répondre à la demande croissante d’eau potable ».  C’est vertueux de persister à servir la demande qui augmente tant et plus avec des conduites fêlées.

Pour mémoire, en 2001 le budget PACA, FGMN fut de 3.5 Millions d’Euros soit, 22 Millions de francs.

FGMN : Fonds de Gestion des Milieux Naturels.

 



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