En quatre secteurs

 

 

La Nesque. Ses 4 secteurs. L’eau en « recherche de partenaires » ?

 

« Le nouveau programme de l’Agence de l’eau (2013-2018) est un plan de conquête et de reconquête de la ressource en eau, en recherche de partenaires.

L’agence de l’eau et ses agents mettront toute leur énergie, toute leur expertise et toute leur expérience au service d’un combat dont l’issue dépendra de la mobilisation de chacun. Ensemble sauvons l’eau ! ».

Signé : Martin Guespereau, directeur général de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Extrait de : Programme d’action 2013 – 2018.

 

Il y a 691 m de dénivelé entre la source de la Nesque à Aurel et sa confluence avec la Sorgue de Velleron près d’Althen-les-Paluds, à 51 km d’Aurel. Leurs eaux se jettent dans l’Ouvèze à Bédarrides, puis dans le Rhône. Pente moyenne : 1,3 %.

Sa source, quartier « Les Fontaines » est captée pour distribuer l’eau domestique du pays de Sault depuis les années 60. Elle est classée Grenelle II depuis le 12. 07. 2010. Un périmètre sanitaire de sécurité demande aux agriculteurs de l’impluvium des pratiques agricoles spécifiques, compensées. Le prélèvement à la source ne doit pas dépasser 100 m3 par jour et 30 000 m3 par an, d’après l’arrêté préfectoral du 06. 10. 2010 ! Un cadre strict, comme partout en France, impose que soit réservé un débit minimal, dit « débit réservé », pour le maintien de la vie des écosystèmes aquatiques et des milieux humides, mais aussi pour les usagers riverains, situés en aval. C’est la loi.

Par commodité, succinctement, décrivons les 4 secteurs bien distincts de La Nesque.

  • La « haute Nesque », entre Aurel et Monieux. Longueur du parcours : 10 km. Sources, altitude : 720 m, à Aurel. Lieu-dit : les Fontaines. Retenue artificielle de Monieux, altitude : 623 m. 1 % de pente moyenne.

En 1966 tout le ruisseau fut approfondi, transformé en canal rectiligne, ses berges détruites, à l’occasion du creusement du lac de monieux. Profil d’équilibre toujours pas retrouvé un demi-siècle plus tard. La « rigole » qui remplace le lit naturel, fort embroussaillée depuis, est masquée par une superbe ripisylve diversement peuplée, riche, abondante qui a tendance à gagner de part et d’autre.

  • Le lac artificiel de « Malaval » à Monieux. Destiné à pourvoir en eau les gros travaux de la Base militaire de St Christol-d’Albion. 1,5 ha. Sa nouvelle vocation ? HQP : « haute qualité paysagère ». Eau, détente récréative, vie, fraîcheur, au cœur des reliefs calcaires si arides ! Il est callé entre les contreforts du mont Ventoux et les monts de Vaucluse. Les gorges en sont l’exutoire. Sa buvette guinguette est située à l’emplacement du « moulin de Malaval », ou « moulin de la Philippine », au pied du « Maupas » et de ses falaises.

Sa station de pompage fonctionna en réalité très peu, disons pas du tout, car des dolines du plateau livrèrent, sur place, l’eau indispensable aux travaux de St Christol.

Il sera beaucoup pardonné à ce chantier avéré, au bout du compte, totalement inutile pour édifier la Base militaire. Les expropriations furent douloureuses, certes, mais Monieux eut son lac miniature. Piège à alluvions parfait. Lieu communal, récréatif très prisé, sympathique.

  • Les gorges de la Nesque, jusqu’à Méthamis. Alt : 260 m à Méthamis. Canyon très encaissé de 14 km de long. 2 à 3 % de pente. 7 % de pente, son record, entre la chapelle de St Michel et le Gour des Très Rayés, au pied du Rocher du Cire. L’eau des pertes karstiques des gorges atteint Fontaine-de-Vaucluse en 35 jours. Les colorations l’ont démontré en 1963. Une partie des gorges est classée, « ZNIEFF » depuis 2010. Autre classement « Natura 2000 ». Un autre ? « Réserve de Biosphère », 1990, UNESCO.

« Ces gorges sont sans doute le plus grand réservoir archéologique et paléontologique d’Europe ». Dixit le Professeur Serge Lebel, archéologue des gorges, Directeur du chantier de fouilles de l’Université du Québec à Montréal pour l’abri sous roche du Bau de l’Aubésier, durant 20 ans. Le chantier livra, en plusieurs milliers d’autres ossements, un crâne de… ( ?) daté à –100 000 BP. Serge Lebel me confia malicieusement le soin de le déterminer. L’ouvrage de Rémy Perrier me fournit les descriptions comparatives précises des condyles, dents, Fd… et confirma mes hypothèses. Un crâne de Loutre.

  • La Nesque « d’en bas » de Méthamis jusqu’au pont de Capelly, à Althen-les-Paluds, lieu de sa confluence avec la Sorgue de Velleron. 27 km de parcours. Alt. 29 m à la confluence.

0,83 % de pente. 6 communes y sont concernées par ce ruisseau, dont Pernes-les-Fontaines.

 Au total 9 communes sont traversées : Aurel, Sault, Monieux, Méthamis, Blauvac, Mallemort-du-Comtat, Venasque, St Didier, Pernes-les-Fontaines.

 

L’Association « La Nesque propre » siège à Pernes. Elle intervient depuis 2007, de l’amont à l’aval, dans l’intérêt général, pour la qualité de la vie, pour la connaissance, pour les milieux, les débits, la qualité de l’eau, le maintien des assemblages d’espèces, et d’écosystèmes.



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