Une histoire qui se répète

La Nesque et ses inondations

Dans le cadre des rendez-vous culturels de Fléchier, une conférence s’est tenue ce mardi 17 février 2015 au centre culturel des Augustins sur les risques d’inondation occasionnés par la Nesque. Elle était animée autour de deux diaporamas très parlants par Franck Souciet, hydrogéologue, par Jean-Marc Descombe, responsable du « pôle risques » du Centre Méditerranéen de l'Environnement et par Jean-Pierre Saussac, président de l’association La Nesque Propre.

L’assemblée était nombreuse et captivée par ce sujet épineux, même si, l’absence des propriétaires riverains ( à part deux ou trois) de la Nesque était à déplorer.

Cette rivière, typiquement méditerranéenne, soumise à des phénomènes pluvieux intenses en l’automne et en hiver, peut générer des inondations conséquentes. C’est suite à des pluies intenses sur son bassin versant de 400 km2, que peuvent avoir lieu des crues torrentielles. Elles se caractérisent par leur soudaineté, leur vitesse d’écoulement, les éléments qu’elles charrient, galets et boue, la vivacité de leur courant, mettant en péril les habitants de la commune.  

Rappelons la crue de 1616 qui avait noyé la chapelle du pont Notre-Dame et le centre historique de Pernes sous deux mètres d’eau, puis celle de 1951, la plus importante du XXe siècle, submergeant sous un mètre d’eau toute la partie aval du village au niveau du rond-point de Saint-Joseph, la crue de 1994 qui avait ôté la vie à une personne et enfin celle de 2008 dont le débit était de 150 m3 seconde, rien que ça ! La Nesque est en effet capable de passer dans un laps de temps très court de 185 l/s à 300 m3/s, de quoi réfléchir !

Avec les zones remblayées par les particuliers et les promoteurs pour gagner du terrain constructible, ou par le département pour faire des routes, les berges ont été modifiées, les lits rétrécis ou déviés, autant de facteurs aggravant les risques de crues et d’inondations à brève échéance.

Sont éminemment concernés: le lotissement du val de Nesque où 10 maisons risquent d’être impactées à moyen terme, la médiathèque dont les baies vitrées arrière ainsi que le rez-de-chaussée donnent sur le confluent de la Riaille et de la Nesque, le chemin de Canet avec ses garages et hangars submersibles, le pont  de la SNCF, les habitations construites à l’aplomb des berges et dans le lit majeur de la Nesque à l’aval du viaduc de la SNCF, le chemin des Coudoulets avec ses berges verticales, les maisons autour du chemin de Cacalose par trop remblayé au cours des siècles ainsi que le chemin du Paty, autrefois bras de la Nesque dit « la petite Nesque ».

Puisque pendant des décennies bien des aménagements ont été réalisés « en dépit du bon sens, de la réglementation sur l'eau et des études faites » selon Jean-Pierre Saussac, le danger d’inondation s’intensifie peu à peu mais sûrement.

Hier, ce dernier alertait le maire Pierre Gabert de la présence de travaux de régalage au pied du viaduc de la SNCF, travaux susceptibles de décaisser sauvagement les piles centrales de l’édifice, sur le terrain même de la commune, sans aucune autorisation connue à ce jour.

« Quelle solution reste-t-il alors et que faut-il faire ? ». A cette question du public, la réponse de Jean-Marc Descombes est claire, nette et précise : « tout d’abord il faut que les citoyens se responsabilisent, qu’il y ait une réelle volonté des pouvoirs publics, des moyens financiers conséquents pour réaménager le territoire, procéder à des expropriations et repenser l’urbanisation. Puis il faut reboiser et préserver le caractère naturel de la rivière ».

Même si chacun de nous préfèrerait vivre au bord de l’eau et ouvrir ses volets sur le chant de la Nesque, mieux vaut abandonner cet ancien rêve romantique ! La Nesque, rivière aux nombreux visages, tranquille et charmeuse, indomptable et impétueuse nous réserve bien des surprises. Alors à nous de préserver chaque jour qui passe, ce précieux patrimoine qui est le nôtre sans le défigurer davantage...

 

L’entretien des berges, un facteur capital pour la survie des rivières

 

Malheureusement et malgré son rôle écologique majeur de préserver la qualité de l’eau, les berges et les sols riverains, la ripisylve a été délaissée ces dernières années par les collectivités. Cette négligence incombe aussi à tous les propriétaires qui ont fait fi de réserver, conformément à la réglementation, le passage de 4 mètres de part et d’autre du lit mineur de la rivière, facilitant ainsi l’intervention des engins forestiers pour l’entretien régulier des berges.

Lors des crues, les arbres isolés et hauts tombent, emportés par le courant. C’est pourquoi il est nécessaire de replanter des arbres d’un diamètre maximal de 20 cm, que les crues couchent mais ne déracinent pas. Seules les berges couvertes d'herbacés peuvent se creuser par  dessous et s'écrouler par pans entiers. La diversité des végétaux formant des entrelacs racinaires rend la ripisylve résistante. Elle doit être dense, équilibrée et dominée par des buissons pour conserver 15 à 20 % d’éclairement.

Si on veut assurer une protection maximale des berges, la ripisylve doit être large d'au moins 6 mètres sur chaque berge,  force est de constater qu’on est trop souvent bien loin du compte !

 

 

De gauche à droite : Jean Pierre Saussac, Franck Souciet & Jean Marc Descombe

Le topoguide sur la Nesque est disponible gratuitement  à l’office du tourisme de Pernes les fontaines.



Ajouté le 21/02/2015 par Laurence ALVY - 1 réaction

Les réactions

Avatar eddy zekri

article tres bien detailles , etant moi meme riverain de la nesque habitant au 343 chemin louis giraud et voisin de madame flouest je ne connaissait pas cette histoire sur la nesque , pour cette reunion desole je n'etait pas au courant , etant invalide je ne sors que tres rarement dans le village MERCI

Le 14-12-2015 à 15:48:48

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