La lettre eau N° 65

Du 13/01/2014 au 28/02/2014

Lieu

St Barthélémy

Adresse

84210 Pernes les fontaines

 

               
 

La lettre eau n°65 fait le point sur les états des lieux 2013 de chacun des six bassins de la France métropolitaine. Découvrez dans ces pages l'évolution de l'état écologique, chimique ou encore quantitatif des masses d'eau, et apprenez quelles sont les sources principales de pollutions.
 

Lettre eau n°65 : sommaire

L'eau dans tous ses états ... des lieux
03. 2015, 2021, 2027, jusqu'où repousserons l'urgence ?
04. Etat des lieux du bassin Loire-Bretagne
06. Etat des lieux du bassin Adour-Garonne
08. Etat des lieux du bassin Rhin Meuse
10. Etat des lieux du bassin Seine Normandie
12. Etat des lieux du bassin Rhône Méditerranée
14. Etat des lieux du bassin Artois Picardie
16. CHaRLi (caractérisation des habitats des rives et du littoral) et AlBer (altérations des berges)

Edito de Bernard Rousseau

Pour une eau vivante : il faut que tout change pour que rien ne change

Lors de la conférence environnementale des 20 et 21 septembre 2013, la table ronde sur l'eau a débouché sur une feuille de route dans laquelle sont gravées des mesures, toutes plus audacieuses les unes que les autres, qui devraient conduire à rénover la politique de l'eau.

La première de ces mesures consiste à « Renforcer la lutte contre les pollutions liées aux nitrates et aux phytosanitaires ». Cette formulation est la marque d'une farouche volonté de réussir mais, depuis le temps qu'elle est utilisée, sur tous les tons et en toute circonstance, elle n'impressionne plus personne, et certainement pas les producteurs d'engrais.

Par contre « Supprimer la prolifération des algues vertes d'ici 10 ans » relève d'une volonté qui, pour être crédible, devrait être accompagnée par un plan drastique de réduction des apports de nitrates avec un financement d'une autre ampleur de celui qui est prévu dans les programmes des agences de l'eau. En fait cet objectif à 10 ans, impose une révolution agricole dont on ne voit toujours pas les premières manifestations, qui pour l'instant se réduisent à casser les locaux de l'ONEMA.

« Approuver les nouveaux programmes d'action nitrates » . Approuver certes, mais  faut-il une feuille de route pour mettre en oeuvre une mesure réglementaire ? Par contre, approuver des cinquièmes programmes d'action nitrates vidés de toutes contraintes, se réduisant à un copié collé des quatrièmes programmes notoirement inefficients, n'apporte rien, et certainement pas la tranquillité pour le gouvernement. En Beauce, dans l'Eure et Loir, haut lieu de la pollution par les nitrates et les pesticides dont les teneurs augmentent toujours, et où la PAC arrose fort, on abandonne les captages d'eau potable trop pollués, on en creuse de nouveaux, on interconnecte les réseaux : bilan 71M€ sur la période 2013-2020, financés sur fonds publics. Pendant ce temps on négocie au couteau les cinquièmes programmes d'action nitrates. La profession agricole annonce la couleur : elle ne lâchera rien  !                                            

« Supprimer le taux réduit de TVA pour les engrais et encourager le passage au zérophyto dans toutes les communes ». Supprimer le taux réduit de TVA, donc l'augmenter, bien, sauf que la TVA étant récupérée, l'impact de cette mesure sur les consommations d'engrais va rester symbolique, sauf pour le jardinier amateur qui lui ne la récupère pas. Ce qui n'aurait pas été symbolique, c'est la création d'une redevance sur les nitrates qui aurait pu rapporter environ 300M€/an. Pour en arriver là, il faudra attendre une révolution... fiscale !

Encourager le zérophyto dans toutes les communes est louable, mais d'ambition modeste, car ne s'attaquant pas à la cause principale de la pollution diffuse. Que serait le sens des responsabilités de maires de communes beauceronnes, agriculteurs de surcroît, prônant le zérophyto dans leurs communes, alors qu'ils abandonnent les captages pollués par leurs activités ?                    

« Mandater un groupe de travail qui proposera des orientations pour améliorer la gouvernance des instances de bassin et locales ». C'est le CNE qui a été mandaté pour conduire cette réflexion ; on retrouve les clivages habituels : les agroindustriels s'opposent aux associations. Au gouvernement de choisir...le choix qu'il a déjà fait !  

« Mettre en oeuvre des projets de territoire...» pour la levée du moratoire sur le financement des retenues d'eau pour l'irrigation. Le CNE est à la manoeuvre, on retrouve les mêmes problèmes que pour la gouvernance avec en plus cette incongruité : la levée partielle du moratoire pour trois retenues du Marais Poitevin, et ceci bien avant que ce groupe de travail ne soit constitué. Le conseil d'administration de l'agence Loire Bretagne dans un vote unanime des représentants de l'Etat, avait voté le financement à 70% de ces projets, l'évènement a été salué par la FNSEA(1) : c'était bien le moins qu'elle puisse faire !     

Alors que les « états de lieux » viennent d'être adoptés par les comités de bassin, bien obligé de constater que les résultats sont maigres. Il en résulte des  réactions diverses : consternation de certains, négation des résultats médiocres pour d'autres et, pour les plus inconscients, volonté exprimée d'exploiter la bête jusqu'à la dernière goutte. D'où cette question : en quoi la feuille de route peut-elle rectifier les tendances lourdes de la société française ?  

 




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