Le Martinet noir

 

Un prodige entre le ciel, l’eau et la terre

 

Le Martinet  Noir

 

Samedi matin 22 juillet à 7h30. Les conditions météo sont idéales. Température : 17°. Vent nul. Ciel dégagé.

Avant la pause estivale, un groupe de la Nesque propre s’est donné rendez vous à Pernes les fontaines, pour observer un phénomène : le Martinet noir, un migrateur total  dit « Apus Apus ».  Dimitri Marguerat, guide naturaliste,  était venu en repérage pour préparer  cette nouvelle action de sensibilisation.  La  terrasse de la tour de  l’horloge à Pernes les fontaines, est le lieu panoramique idéal pour une observation de qualité à 360°.  A notre arrivée,  aucun oiseau en vue à proximité. Au Nord, loin devant nous, un Milan noir prend de la hauteur. Au sud, un second Milan noir grimpe dans le ciel de Fontblanque. Un Faucon crécerelle passe furtivement au dessus de nous en battant des ailes. Les premiers martinets arrivent. Ils sont reconnaissables à leurs cris. Ils font des rondes en forme d’arabesque et de vague jusqu’à 200km/h. Ils sont arrivés vers le 15 avril pour se reproduire après un vol de plusieurs milliers de km. Ils repartiront fin juillet jusqu’en Afrique australe.

 Peu nombreux cette année, ils reviennent  au même nid construit dans les interstices des édifices : la tour de l’horloge, le centre culturel des Augustins, la Collégiale Notre-Dame de Nazareth, les édifices hauts. Le couple est  uni pour la vie (longévité de10 à 20 ans). Dès qu’une proie est repérée, le Martinet ouvre son immense gueule pour gober sa nourriture, une forme de « plancton aérien » composée de pucerons, de mouches, de jeunes araignées emportées par les courants aériens. Ils peuvent stocker jusqu’à 1000 insectes dans un repli de la gorge sous la forme d’une « balle ».  L’abondance d’insectes est vitale.  Quant aux juvéniles, immatures pendant trois à quatre ans, ils repèrent les zones de nidification.  C’est un prodige de l’évolution. Il ne s’arrête jamais de voler, il peut dormir en vol d’un œil, il peut s’accoupler en volant. Il est adapté à vivre en l’air.  Dans sa vie, il parcourt  3 à 6 millions de km, soit 8 à 15  fois le trajet terre/lune. Un exploit ! Faisant en moyenne un total de 800 à 1000 km chaque jour, autour de son secteur de reproduction, c’est l’équivalent d’un aller-retour Pernes-Bordeaux !

Le Martinet noir est plutôt de couleur marron foncé. Il vole comme une flèche, avec ses ailes de 40cm d’envergure en forme d’arc ou de faux. Pas loin d’ici, une autre espèce « le Martinet à ventre blanc » niche dans les falaises à Fontaine de Vaucluse ou au Rocher du Cire dans les Gorges de la Nesque

En redescendant, on a fait une halte pour observer les rares hirondelles de fenêtre qui nichent dans les génoises des toitures autour la place du Cormoran. Les nids sont occupés, les petits sont prêts à l’envol.  Menacés par un projet immobilier, la préservation des nids est primordiale. Il  ne faut surtout pas détruire les génoises d’autant plus qu’elles sont toutes en bon état,  sinon on risque de faire disparaitre,  pour toujours, la dernière petite colonie d’hirondelles de fenêtre installée à Pernes les fontaines depuis des décennies. En septembre, elles partiront hiverner en Afrique subsaharienne, à des milliers de km.

Le Martinet noir  et l’hirondelle de fenêtre sont des indicateurs de la qualité de notre périmètre de vie. Ils sont des acteurs précieux du patrimoine de la nature.

Merci aux 9 participants, à Dimitri Marguerat, Guide naturaliste «  Rando-oiseaux » à la mairie de Pernes  les fontaines, au CD 84, partenaire et à la Nesque propre.

 

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