La nature au bord de l'eau

Biodiversité de la ripisylve d’un affluent de la Nesque

 

 

Samedi matin 1er juin 2024, dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité communale, l’association La Nesque propre avec Jean Pierre Saussac et Elie Dunand ont accompagné un groupe de 15 participants dont un jeune garçon à la découverte du ruisseau « le Rieu » à Venasque. Cet affluent de la Nesque est entouré d’une ripisylve très peu anthropisée et particulièrement riche d’une flore et d’une faune autochtone.

En partant de l’ancien marché aux cerises, deux arbres remarquables méritent le détour : un Marronnier d’Inde âgé de 150 ans. L'étymologie de « marron » viendrait du ligure « Mar » signifiant « caillou ». A proximité, un ancien Platane de 250 ans domine le lieu par ses dimensions spectaculaires.

Ces arbres situés entre l’écluse du Moulin Roubaud (19ème siècle) et la terrasse de l’ancienne guinguette du marché sont séculaires. Ils sont le patrimoine naturel du village et mériteraient d’être classés.  Contrairement aux idées reçues, le lierre grimpant sur le platane ne lui nuit pas et présente même une ressource mellifère pour l’abeille domestique, les abeilles sauvages dont la collète du lierre, les bourdons, les syrphes…  C’est aussi un habitat précieux pour beaucoup d’espèces d’oiseaux avec le Loriot d’Europe dont le chant a ravi les participants mais est resté caché dans la ripisylve.

La prêle des marais aux vertus médicinales s’étend sur de larges espaces en bordure du lit mineur, elle apprécie ce sol frais, humide et siliceux. Le Figuier commun, comme le Noyer commun et l’Erable champêtre se développent facilement dans ce milieu frais et protégé des rafales de vent. Sous nos latitudes, un papillon nocturne, le Zeuzère du poirier est très attiré par le bois tendre du noyer et creuse facilement des galeries dans ses rameaux participant à leur taille naturelle. A l’ombre de la ripisylve, une graminée vivace en touffes, le brachypode sylvestre se propage sur de larges étendues et permet de stabiliser les berges par son réseau de racines très dense. Les iris pseudacorus en pleine floraison comme les phragmites ont colonisé le bord du ruisseau et captent tous les matières organiques en suspension dans l’eau contribuant ainsi à son épuration naturelle.

Plus loin, d’autres espèces très utiles pour la faune sauvage comme la petite bardane, la cardère, le plantain lancéolé, le trèfle blanc rampant, l’ortie dioïque et la lampsane commune attirent une multitude d’insectes en quête de nectar et de pollen, comme la Mélitée du plantain observée par tout le groupe.

La ronce à feuilles d’orme, espèce pionnière des milieux ouverts offre un habitat protecteur à un grand nombre d’animaux dont le Rouge gorge familier. D’autres oiseaux ont été identifiés comme le Pinson des arbres et le Grimpereau de Jardins.

Dans le ciel et à proximité du versant rocheux un ballet aérien a retenu l’attention du groupe : les Hirondelles de fenêtre et les Martinets noirs en pleine activité de chasse d’insectes volants.

Un rapace, le Circaète Jean-le-blanc a même été observé en train d’être pourchassé par un groupe de corbeaux freux sans doute pour protéger leurs nids.

Plus en amont du ruisseau, le groupe a croisé deux arbres remarquables, un Frêne à feuilles étroites âgé de 280 ans et plus de 20m de hauteur et un peuplier noir âgé de 125 ans avec plus de 25m de hauteur.

Paul Valéry disait : «  L’arbre, c’est le temps rendu visible »

 

Il est déjà midi. On a passé un moment passionnant. Le Rieu est en bon état, la nature se porte bien !

Elie Dunand

 

 

 

 

 

 



Ajouté le 12/06/2024 par Elie Dunand - 0 réaction

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