
C’est au col de la LIguière à 998 m que La Nesque Propre et ses 20 participants se retrouvent, autour de Marie-Thérèse Ziano de la société des Naturaliste du pays d’Apt, pour une longue découverte des conifères et des aiguiers du plateau d’Albion.
Nous sommes d’abord invités à observer attentivement les conifères autour de nous. Les conifères sont des plantes monoïques, qui sur la même plante ont des organes mâles et femelles. Quand l’arbre a des rameaux courts, des aiguilles en bouquet et des petits cônes dressés, il s’agit d’un cèdre de l’Atlas. Les cônes grossissent et se détachent par petits bouts avant de tomber. Quand l’arbre a de courtes aiguilles légèrement vrillées et groupées par 2 dans une gaine, avec des écailles saumonées que le tronc, c’est un pin sylvestre. Quand les aiguilles sont longues, gainées par 2 ou 3, avec un tronc sombre et souvent des cônes par 2, c’est un pin noir. Quand les aiguilles sont solitaires, courtes, avec 2 lignes blanches, posées en écouvillon sur le rameau et une base en forme de petite ventouse, c’est un sapin d'Andalousie ou Sapin d’Espagne. SI les aiguilles sont non piquantes, sans lignes blanches et sans ventouse à la base, c’est un if.

Sapin d'Andalousie
Les conifères disséminent leur pollen à travers ces « pluies » jaunes que nous connaissons mais la fécondation des fleurs femelles ne se fait que l’années suivante, voire en N+2. Les conifères n’ont pas de « fruit », le cône est une inflorescence de fleur femelle où chaque écaille est un ovule non protégé contenant la graine qui sera disséminée par la désarticulation progressive du cône et sa chute.
Nous observons tous ces arbres le long de la piste forestière, très récemment élargie… ou plutôt massacrée par les engins d’élagage qui laissent sur les bords des arbres au tronc en partie déchiquetés, éraflés, ce qui les condamne à court terme. L’obsession du moindre coût économique et de la productivité à tout prix a encore fait des victimes…
Pendant notre marche, nous croisons les plantes typiques de ce début d’automne, les odontites avec leurs petites fleurs jaunes, les genévriers avec leurs « fruits » correctement appelés galbules ( cône aux écilles charnues et soudées), portés par les pieds femelles seulement. Saviez-vous que le cornouiller mâle porte lui des drupes ( nom des fruits charnus à noyau) ?
« Aiguier : voilà un nom bien étrange à la sonorité dure comme la roche dans laquelle il est taillé. Appellation déclinée du provençal ''aigo'' (eau), l'aiguier est un réservoir d'eau creusé de main d'homme pour accueillir et stocker les rares eaux de ruissellement d'un pays calcaire karstique. C'est un témoin original du paysage rural et un symbole d'une économie de la rareté". Florence Dominique - Extrait du Guide des Aiguiers

Nous arrivons sur le premier aiguier de Barralié, tout à fait remarquable. Il est en effet composé de 2 citernes couvertes par 2 voutes côte à côte. Une seule citerne permet d’accéder à l’eau, l’autre servant de décantation pour fournir une eau de très bonne qualité. L’aiguier est situé en contrebas d’un impluvium qui dirige l’eau de ruissellement vers les bassins, aujourd’hui au milieu de la forêt qui a reconquis le terrain.
Le second aiguier est bâti en léger contrebas d’un large impluvium de calcaire, travaillé avec des rigoles pour acheminer l’eau vers le bassin, mais aussi des abreuvoirs pour les bêtes.
Nous pique-niquons près de la borie de la Cassette, construction remarquable sur une base circulaire large, épaisse sur laquelle est monté le dôme conique.
Tous ces édifices nous rappellent l’extrême compréhension du milieu et le savoir-faire des habitants des siècles passés qui ont développé des techniques pour conserver l’eau rare de ces plateaux, mettre à profit les particularités du sol et bâtir solide, durable et beau avec les ressources locales.
Un grand merci à Marie-Thérèse Ziano qui nous a donné tant d’explications et… permis aussi une petite récolte de champignons soigneusement examinés au préalable !
Pour découvrir plus encore ce patrimoine local remarquable, vous pouvez vous lancer sur le « chemin des aiguiers », une randonnée de 5h, 16 km décrite dans le lien ci-joint : https://www.cheminsdesparcs.fr/fr/trek/35327-SAINT-SATURNIN-LES-APT---Sentier-des-Aiguiers
Françoise SERIN
Photos : Philippe Croayne, Françoise Serin, Marie Thérèse Ziano, Jean Pierre Saussac, Marjorie Ughetto,
Le reportage photo : CLIQUEZ ICI

Aiguier de Barraliè

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Ajouté le 12/10/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction


