Association loi 1901 N° 0843005161, enregistrée à la Sous Préfecture de Carpentras le 3 décembre 2007.  Objet :

Protéger et défendre l'environnement : Agir ensemble sur tout le bassin versant de la Nesque dont ses gorges. Protéger l’eau,  les sources, les ruisseaux, la rivière, les zones humides, les espaces naturels. Faire connaitre, découvrir et comprendre : la biodiversité, la géologie, l’hydrogéologie, les paysages, le cycle de l’eau, les beautés de la nature. Transmettre et pérenniser le petit patrimoine rural de l’eau.  Encourager des comportements citoyens responsables. Convaincre que  les fauchages à la belle saison dévastent pollinisateurs, pontes et larves d’insectes, espèces végétales menacées et fixateurs de CO2.  Remédier à l’indifférence face à des situations préoccupantes de certains écosystèmes.  Sensibiliser les écoliers, les collégiens, les lycéens, les familles, le public  à l’économie de l’eau, à la gestion raisonnée des déchets, au devoir de propreté. Croiser  nos actions avec les associations, avec les collectivités territoriales. S’entourer d’experts. Donner envie d’agir partout où la nature en a besoin !

 

Pour découvrir le bilan du WCUD 2025 Bassin versant de la Nesque 

 

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Ajouté le 03/11/2025 par Jean Pierre SAUSSAC - 1 réaction

 

Ce samedi 25 octobre 2025, à la médiathèque de Pernes, Delphine Nicolas, biologiste à l’institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes de la Tour du Valat (https://tourduvalat.org/) , nous embarque dans la vie mouvementée des anguilles européennes.

Delphine nous rappelle tout d’abord ce qu’est une anguille : un poisson serpentiforme, à ne pas confondre avec une Lamproie (à la bouche en ventouse, sans mâchoires), une Myxine (invertébré), une Murène (autre poisson anguilliforme) ou un Congre (poisson exclusivement maritime).

L’anguille que nous connaissons appartient à une seule espèce, l’anguille européenne, apparue probablement il y a près de 100 millions d’années. Elle couvre tous les milieux, les mers et océans, les lagunes, les étangs, les rivières et on en trouve jusqu’à 1000 m d’altitude ! Dans des conditions très favorables, elle peut aussi vivre jusqu’à 30 ans, après une vie tout à fait exceptionnelle et encore pleine de mystère. En effet, aucune reproduction n’a encore été observée en milieu naturel. Alors d’où vient-elle ?

Les larves d’anguilles européennes viennent toutes de la mer des Sargasses, située au large des Caraïbes et de la Floride. Ces larves leptocéphales (à tête plate), plates, transparentes, de quelques cm, parcourent alors presque 6000 km pour occuper les côtes européennes et méditerranéennes, depuis la Scandinavie jusqu’au Maghreb. Elles se métamorphosent en civelles, transparentes et rondes. C’est là que ses malheurs commencent car les civelles sont pêchées et extrêmement courues comme un mets de choix, en Espagne par exemple. 1 kg de civelles peut atteindre plusieurs milliers d’euros au marché noir. La pêche est très règlementée en quota et en durée mais cela n’empêche pas le braconnage, pour alimenter les marchés d’Asie notamment. Les populations de civelles ont diminué de 90% depuis 1970 et sont classées espèce en « danger critique » d’extinction par l’UICN.

La civelle se pigmente et grossit pour devenir une anguille jaune. Les anguilles vont alors s’établir dans des zones très diverses, dans les rivières, les estuaires, mais aussi les zones humides lagunaires telles que la Camargue. Cette installation est appelée « recrutement ». Elles vont rester là, la plus grande partie de leur vie, jusqu’à 20 ans, à se nourrir de crustacés, de petits poissons pour grossir et accumuler les réserves de graisse pour le grand retour. A ce stade, elles ne se reproduisent pas.

Après toutes ces années sédentaires et selon des critères assez mystérieux, les anguilles deviennent argentées et vont repartir (c’est « l’échappement ») et traverser à nouveau l’océan atlantique pour se reproduire dans la mer des Sargasses qui les a vu naitre. Elles cessent de se nourrir.  Pendant ce voyage, probablement pour échapper aux prédateurs, elles vont évoluer entre des profondeurs de 300m la nuit et 650m le jour, en subissant donc de fortes différences de pression.

En fait par la taille, on sait que les individus argentes de moins de 45 cm sont des mâles et que les argentés de plus de 45 cm (et jusqu a > 90 cm, beaucoup de variabilité selon les individus), ce sont des femelles.

Par contre quand elles quittent le continent, les anguilles, mâles ou femelles, ne sont pas encore matures, et ce sont les différences de pression subies au quotidien qui vont stimuler la maturation des gonades. Quand les femelles arrivent sur la zone de reproduction elle sont gonflées d œufs, les mâles de leurs gamètes...

Le conservatoire de la Tour du Valat réalise depuis 1993 des programmes d’observation très poussés pour comprendre les conditions d’arrivée dans les zones humides, de déplacement des anguilles dans un habitat lagunaire méditerranéen, puis d’échappement. En Camargue, les civelles peuvent accéder depuis la Méditerranée à des zones d’habitat via le petit Rhône qu’elles remontent, le grand Rhône et le pertuis de la Fourcade aux Saintes-Maries, qui est la connexion à la mer des étangs de Camargue. Elles peuvent aussi passer par les stations de pompage, aménagées pour cela. Le conservatoire a par exemple aménagé un passage entre le petit Rhône et l’étang de Vaccarès pour faciliter l’installation des anguilles. Cet aménagement a été vite adopté par les poissons pour circuler dans l’étang.

L’anguille est un poison très robuste (qui peut aussi respirer par la peau très temporairement sur un terrain très humide) mais c’est un poisson très menacé aussi. Le changement climatique entraine parfois l’assèchement de ses zones d’habitat et leur salinisation en bord de mer. L’habitat est de plus en plus fractionné avec de grandes difficultés pour trouver et circuler dans les zones (barrages). Certaines espèces invasives les menacent comme le crabe bleu. Le plus grand danger reste toujours l’homme et le braconnage, malgré les directives européennes de protection depuis 2007.

Non seulement Delphine Nicolas nous a fait partager sa passion pour ces poissons mais elle nous a donnés aussi des exemples détaillés de programmes d’étude. Elle nous a montrés des campagnes de puçage pour comprendre les déplacements des anguilles et permettre les comptages. C’est un travail long et patient de collecte et d’analyse des données. C’est aussi un travail exemplaire pour tout le pourtour méditerranéen, lieu d’habitat des anguilles.

Nous remercions Delphine pour son exposé bourré d’informations autour de cette espèce extraordinaire qui, souhaitons-le, nous survivra si nous arrêtons la surexploitation des milieux naturels.

 

Françoise SERIN

 



Ajouté le 31/10/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction

C’est au col de la LIguière à 998 m que La Nesque Propre et ses 20 participants se retrouvent, autour de Marie-Thérèse Ziano de la société des Naturaliste du pays d’Apt, pour une longue découverte des conifères et des aiguiers du plateau d’Albion.

Nous sommes d’abord invités à observer attentivement les conifères autour de nous. Les conifères sont des plantes monoïques, qui sur la même plante ont des organes mâles et femelles.  Quand l’arbre a des rameaux courts, des aiguilles en bouquet et des petits cônes dressés, il s’agit d’un cèdre de l’Atlas. Les cônes grossissent et se détachent par petits bouts avant de tomber. Quand l’arbre a de courtes aiguilles légèrement vrillées et groupées par 2 dans une gaine, avec des écailles saumonées que le tronc, c’est un pin sylvestre. Quand les aiguilles sont longues, gainées par 2 ou 3, avec un tronc sombre et souvent des cônes par 2, c’est un pin noir. Quand les aiguilles sont solitaires, courtes, avec 2 lignes blanches, posées en écouvillon sur le rameau et une base en forme de petite ventouse, c’est un sapin d'Andalousie ou Sapin d’Espagne. SI les aiguilles sont non piquantes, sans lignes blanches et sans ventouse à la base, c’est un if.

 

Sapin d'Andalousie

 

Les conifères disséminent leur pollen à travers ces « pluies » jaunes que nous connaissons mais la fécondation des fleurs femelles ne se fait que l’années suivante, voire en N+2. Les conifères n’ont pas de « fruit », le cône est une inflorescence de fleur femelle où chaque écaille est un ovule non protégé contenant la graine qui sera disséminée par la désarticulation progressive du cône et sa chute.

Nous observons tous ces arbres le long de la piste forestière, très récemment élargie… ou plutôt massacrée par les engins d’élagage qui laissent sur les bords des arbres au tronc en partie déchiquetés, éraflés, ce qui les condamne à court terme. L’obsession du moindre coût économique et de la productivité à tout prix a encore fait des victimes…

Pendant notre marche, nous croisons les plantes typiques de ce début d’automne, les odontites avec leurs petites fleurs jaunes, les genévriers avec leurs « fruits » correctement appelés galbules ( cône aux écilles charnues et soudées), portés par les pieds femelles seulement. Saviez-vous que le cornouiller mâle porte lui des drupes ( nom des fruits charnus à noyau) ?

« Aiguier : voilà un nom bien étrange à la sonorité dure comme la roche dans laquelle il est taillé. Appellation déclinée du provençal ''aigo'' (eau), l'aiguier est un réservoir d'eau creusé de main d'homme pour accueillir et stocker les rares eaux de ruissellement d'un pays calcaire karstique. C'est un témoin original du paysage rural et un symbole d'une économie de la rareté". Florence Dominique - Extrait du Guide des Aiguiers 

 

Nous arrivons sur le premier aiguier de Barralié, tout à fait remarquable. Il est en effet composé de 2 citernes couvertes par 2 voutes côte à côte. Une seule citerne permet d’accéder à l’eau, l’autre servant de décantation pour fournir une eau de très bonne qualité. L’aiguier est situé en contrebas d’un impluvium qui dirige l’eau de ruissellement vers les bassins, aujourd’hui au milieu de la forêt qui a reconquis le terrain.

Le second aiguier est bâti en léger contrebas d’un large impluvium de calcaire, travaillé avec des rigoles pour acheminer l’eau vers le bassin, mais aussi des abreuvoirs pour les bêtes.

Nous pique-niquons près de la borie de la Cassette, construction remarquable sur une base circulaire large, épaisse sur laquelle est monté le dôme conique.

Tous ces édifices nous rappellent l’extrême compréhension du milieu et le savoir-faire  des habitants des siècles passés qui ont développé des techniques pour conserver l’eau rare de ces plateaux, mettre à profit les particularités du sol et bâtir solide, durable et beau avec les ressources locales.

Un grand merci à Marie-Thérèse Ziano qui nous a donné tant d’explications et… permis aussi une petite récolte de champignons soigneusement examinés au préalable !

Pour découvrir plus encore ce patrimoine local remarquable, vous pouvez vous lancer sur le « chemin des aiguiers », une randonnée de 5h, 16 km décrite dans le lien ci-joint : https://www.cheminsdesparcs.fr/fr/trek/35327-SAINT-SATURNIN-LES-APT---Sentier-des-Aiguiers

 

Françoise SERIN

 

Photos : Philippe Croayne, Françoise Serin, Marie Thérèse Ziano, Jean Pierre Saussac, Marjorie Ughetto, 

  

Le reportage photo : CLIQUEZ ICI

 

 

 

Aiguier de Barraliè

 

 

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Ajouté le 12/10/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction

 

Nous nous sommes retrouvés à 12 samedi 9 Août à 19h près de la grande borie de la Roque sur Pernes pour commencer un parcours de plus de 3 heures 30 à la tombée du soir et de la chaleur, en écoutant les insectes. Dimitri Marguerat nous en parler avec pédagogie. Un sentier nous fait descendre à travers les bois dans le vallon du Fraischamp. Dimitri nous donne un petit cours sur les cigales. Il existe 15 espèces de cigales en Provence mais deux sont les plus communes, la cigale grise et la grande cigale plébéienne. Leur « chant » n’est pas le même. On peut voir aussi la petite cigale noire dans les buissons qui bordent l’aérodrome de Carpentras. Les cigales ne « chantent » pas, elles cymbalisent grâce à un organe spécifique unique en son genre et que possède le mâle seulement. Il s’agit de deux petites assiettes ou cymbales en chitine très résistantes qui se déforment sous l’action de muscles spéciaux et se relâchent en émettant un son. Par ailleurs, le son est amplifié par l’abdomen creux de la cigale qui lui sert de caisse de résonance. Si on laisse passer les rayons de lumière à travers le corps d’une cigale mâle, on voit à travers ! Les organes des appareils digestifs ou reproducteurs sont comprimés autour de la carapace.

 

Decticelle splendide

 

Le cycle de vie des cigales est lui aussi unique : la larve reste et vit dans le sol plusieurs années, jusqu’à 6 ans. Elle se nourrit de la sève des racines et forme des galeries qu’elle referme derrière elle. Jean-Henri Fabre, le célèbre entomologiste a étudié comment une si petite larve pouvait vivre ainsi si longtemps. Elle est totalement adaptée avec des pattes qui ressemblent à celles des taupes, faites pour creuser et pelleter. Comme elle se nourrit de sève, assez liquide, elle possède un dispositif qui lui permet de ramener son « urine » vers ses pattes antérieures pour humidifier la terre qu’elle creuse et faciliter son travail. Quand enfin, elle sort de terre et réalise sa dernière mue, il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Le mâle grimpe et cymbalise pour attirer une femelle. La femelle  va ensuite pondre ses œufs en les mettant à l’abri sous l’écorce des arbres. Lorsque les larves éclosent, elles se laissent tomber au sol et commencent à creuser… si elles n’ont pas été mangées jusque là !

 

Dectique à front blanc

 

Quand les cigales se taisent  au crépuscule, ce sont les grillons et les criquets qui prennent le relais dans le vallon.  Les criquets, sauterelles et grillons font partie de la famille des orthoptères (« ailes droites »… dans la continuité du corps). Le criquet stridule grâce à un système de « peignes » le long des pattes qu’il frotte contre ses élytres. Les criquets sont végétariens et munis de petites antennes, alors que les sauterelles sont omnivores et munies de longues antennes. Les grillons, eux, émettent du son en frottant leurs deux élytres l’une contre l’autre. Il y a peu d’insectes qui émettent des sons.  En cela les cigales, grillons et criquets sont remarquables. Nous entendons surtout le Grillon d’Italie qui est le plus commun ici. Il est très difficile à observer car il est petit, quasi transparent et très clair.

 

 

En fond de vallon, nous faisons un petit détour pour voir une très grosse citerne en pierre.  Cachée par la végétation, elle fait au moins 10 m  de haut. Elle servait sûrement à stocker l’eau du vallon quand il était exploité en agriculture. L’eau stagne au fond, il faudra revenir voir… Nous remontons vers le Beaucet vers une aire de pique-nique au crépuscule. La vue est panoramique sur le coucher du soleil. On est entouré de tous les sons de la nature. On entend une Chouette hulotte ou Chat huant.  On aperçoit un couple de Faucons hobereau. Une Pipistrelle nous survole. Grâce à un détecteur, Dimitri nous a faits écouter les ultrasons de la Pipistrelle en chasse. Ils sont inaudibles à l’oreille humaine.  Nous terminons notre boucle à la lampe car la nuit est bien tombée. C’est le moment où les insectes sortent aussi à la faveur de la baisse de la température.  Nous voyons ainsi un bon nombre de petits scorpions noirs au sol ou sur la roche. Dimitri capture une Dectique à front blanc dans un bocal. Nous l’observons de près… et réciproquement d’ailleurs, avant de la libérer.  Dimitri attrape un criquet et nous montre ses ailes colorées de bleu. Elles servent à sidérer les oiseaux prêts à le croquer en lui donnant  le temps de s’échapper. Nous observons de près aussi la grande Sauterelle verte et la Decticelle splendide, avec ses couleurs vert pomme, noire et jaune qui lui servent à se dissimuler des prédateurs.

La soirée s’est  terminée avec un magnifique lever de lune !

Merci à Dimitri pour cette belle balade aux sons 100% naturels !

Merci aux 12 participants

 

Texte : Françoise SERIN

Photos : Françoise SERIN, Jean Pierre SAUSSAC

 

 

 

 



Ajouté le 14/08/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction

 

Ipomée sous la pluie

Le samedi 31 mai 2025, il fait anormalement chaud. Une trentaine de personnes se retrouvent à la Médiathèque de Pernes les fontaines pour la conférence "les Couleurs de nos collines" proposée par Marjorie Ughetto ( Marjorie Autres Regards) de la Nesque Propre.
Elle est guide naturaliste. Elle réalise 2h de démonstrations avec les plantes sélectionnées tout en faisant des liens avec le rôle des couleurs chez les vivants. 

Elle débute en nommant Michel Garcia rencontré en 1999 dans le PNR du Verdon, durant sa formation AFPA de guide naturaliste.

Plus tard, elle va créer des sorties naturalistes sur le thème des couleurs du vivant et des ateliers.

 

Atelier

Marjorie a cueilli ce jour là de nombreux échantillons entre Monieux et Pernes et nous les présente.

Le point commun entre les espèces qu'elle a choisies est qu'elles ont été exploitées pour teindre.

Il y a les sauvages comme le Nerprun des rochers, le Nerprun alaterne, le Fustet (l'arbre à perruque) et le Troène indigène. (Rhamnus saxatilis, R. alaternus, Cotinus coggygria et Ligustrum vulgare)
La biodiversité domestique est aussi mise à l'honneur avec les plantes cultivées comme la célèbre Garance des teinturiers ou le Pastel des teinturiers (Rubia tinctorum et Isatis tinctoria). 

Devant nous, elle extrait les colorants des pétales, des feuilles, des fruits, des racines de différents végétaux dont ceux du Coquelicot, de la Mauve sylvestre, du Pois de senteurs, de la Rose domestique, du Spartier à tige de jonc, du Millepertuis perforé, de l'Iris des marais, de l'Alaterne et de la Garance. 

Puis elle montre que certains colorants réagissent à une modification chimique ; la couleur observée change alors devant nos yeux. 

Marjorie nous fait remarquer que pour les plantes tinctoriales, c'est-à dire les plantes qui permettent d'obtenir des encres et teintures de qualité, les colorants utiles sont souvent cachés :

-L'alizarine pour le ROUGE est dans les racines ! Oui, dans le sol où il n'y a pas de lumière. Marjorie écorce une racine couleur terre d'une Garance des teinturiers et fait effectivement apparaître la matière rouge.

 

Crache sang et Garance

-les fruits luisants du Nerprun alaterne passent du BRUN/ROUGE au NOIR lors du murissement. Pourtant notre guide naturaliste fabrique des encres de couleur JAUNE et du VERT, grâce aux flavoinoides qu'ils contiennent. Voilà qu'elle répand au pinceau un joli "vert aquatique" en forme de couleuvre.

-Les tanins sont aussi mis à l'honneur grâce à sa belle collection de gales. Elle l'a fait passer dans le public avec une guêpe adulte à l'origine de l'une d'elles. Marjorie mélange deux jus différents : l'acétate de fer est presque ROUX et la tisane de gale BEIGE. Voilà qu'une encre NOIRE BLEUTÉE se forme, très foncée. Un véritable précipité lui permet de calligraphier le mot nature à l'aide d'un calame en roseau phragmite.

Avant chaque démonstration, elle nous demande pourquoi les plantes font des couleurs. Elle rappelle qu'avant tout, les végétaux sont des êtres vivants et que leurs colorants les aident.

Elle précise entre autres : protection solaire avec les anthocyanes et dispersion des graines favorisées par les colorants laxatifs, etc.

Puis en photos, Marjorie Ughetto finit par montrer que les couleurs sont utiles aussi aux animaux et 

Qu’aujourd’hui les couleurs sont au service de la santé humaine.

 

Texte : Gilles JOVET

Photos : Gilles JOVET  & Marjorie UGHETTO

 

 

Plantes tinctoriales

Rainette méridionale



Ajouté le 12/07/2025 par Gilles JOVET - 0 réaction

 

Présentation du Carnet du Ventoux 122, un must-have pour les amateurs de nature et les lecteurs avides. Cette édition présente « Les chemins de l'eau », un dossier spécial qui plonge dans le monde fascinant des voies navigables. Découvrez le charmant village de Saint-Christol et plongez-vous dans la beauté du portefeuille de Maxime Richaud. De plus, plongez dans un article captivant sur les diverses hirondelles qui ornent nos étés, et promenez-vous tranquillement près de Sénanque. Que vous soyez un explorateur chevronné ou un amoureux de tous les objets littéraires, le Carnet du Ventoux 122 est l'ajout parfait à votre collection.

 

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Ajouté le 02/07/2025 par Les Carnets du Ventoux - 0 réaction

Villeperdrix en Drôme provençale

 

Samedi 21 juin 2025, l"association " la Nesque propre" est partie pour une nouvelle échappée nature à Villeperdrix et à Léoux !

Sur une belle terrasse surplombant les gorges de l’Eygues, Élodie Tôtain, notre guide, a commencé à nous parler de l'histoire des Baronnies provençales et de la faune locale :  les Martinets et les Hirondelles, la réinsertion du Vautour, le retour des Loups et les Sangliers.

Elodie nous fit découvrir le village avec l’ancien rempart et sa Porte de la Herse, bien conservée. Dans l’extraordinaire enchevêtrement de maisons en pierre aux murs épais, au fil des ruelles, nous avons admiré quelques beaux porches ou portes, dont un linteau portant l’inscription « 1792 – AN 4 DE LA LIBERTÉ ».

Nous avons également visité l’église romane dédiée à Saint Pierre, reconstruite au XVIIe siècle et restaurée dans les années 1990 par les perdrissiens eux-mêmes. Elle se compose d’une nef et d’un chœur, sous voûte plein-cintre. Son intérieur est chaleureux, une lumière douce passe au travers des nouveaux vitraux, un mobilier rustique complète le décor assez riche. La fraicheur de l’église nous a permis d’aborder l’histoire de l’agriculture locale. Les cultures du tilleul, de la cerise, de l’abricot, de lavande, de l’olive et de la vigne pouvaient nécessiter l’emploi de saisonniers pendant toute la durée de l’année.

Le vrai château a été détruit pendant la Révolution. L’immeuble qui porte son nom est une grosse maison dans laquelle se trouvait le moulin à huile. Il utilisait la force animale ou humaine : c’était un « moulin à sang ». L’endroit est devenu la savoureuse auberge « Le moulin du château ». Nous y avons dégusté de bons plats régionaux autour du vieux pressoir à huile d’olive. Ce fut l’occasion de découvrir le cachaille, un fromage typiquement provençal.

Par la première route, construite en 1936 et très sinueuse, nous nous sommes ensuite rendus au hameau de Léoux sur le flan de la Montagne d’Angèle (1600m) dans une petite vallée d’altitude (750m) au milieu de collines de garrigue. Une vingtaine d’habitation composent le hameau et on y cultive la lavande, l’épeautre, la cerise, l’abricot, le tournesol, …

La Pyrale du Buis

L’air y est d’une rare pureté, le calme y règne. Les papillons de la pyrale du buis prenaient d’assaut les tilleuls en fleurs et nous y avons vu quelques vestiges d’alambics.

Les deux monuments sont le temple et l’église. Le temple, construit en 1789, était vaste puisqu’il pouvait recevoir cent-cinquante fidèles assis. Amputé en 1959 d’une partie menaçant ruine, il reste délabré en face de l’ancienne école.

L’église Notre-Dame-des-Champs a eu plus de chance, en dépit d’une vie chaotique : construite en 1784, transformée en étable en 1791, elle récupéra sa fonction primaire en 1826. Mais avec l’exode rural, l’église fut fermée en 1909 et bientôt tomba en ruine. Une vraie restauration fut lancée en 1992 grâce à une initiative privée, et en 1998 l’église rajeunie était consacrée sous le vocable de Notre-Dame-des-Champs.

Église Notre Dame des Champs à Léoux

Pour terminer la journée après un arrêt au ruisseau de Léoux, seule alimentation en eau du hameau, nous sommes redescendus en vallée pour une boisson désaltérante à La Motte-Chalancon.

Merci aux  quinze participants

Merci au village, merci à M. le Maire

Merci à l’Auberge du moulin du château

Merci à Élodie Tôtain, accompagnatrice en montagne, animatrice nature "Passeurs de Sentes"

 

Texte : Catherine et Christian MASCAUX

Photos : Catherine et Christian Mascaux , Jean Pierre Saussac

 

Pour découvrir le reportage photos : CLIQUEZ ICI

 

 

 



Ajouté le 25/06/2025 par Catherine et Christian Mascaux - 0 réaction

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