Association loi 1901 N° 0843005161, enregistrée à la Sous Préfecture de Carpentras le 3 décembre 2007.  Objet :

Protéger et défendre l'environnement : Agir ensemble sur tout le bassin versant de la Nesque dont ses gorges. Protéger l’eau,  les sources, les ruisseaux, la rivière, les zones humides, les espaces naturels. Faire connaitre, découvrir et comprendre : la biodiversité, la géologie, l’hydrogéologie, les paysages, le cycle de l’eau, les beautés de la nature. Transmettre et pérenniser le petit patrimoine rural de l’eau.  Encourager des comportements citoyens responsables. Convaincre que  les fauchages à la belle saison dévastent pollinisateurs, pontes et larves d’insectes, espèces végétales menacées et fixateurs de CO2.  Remédier à l’indifférence face à des situations préoccupantes de certains écosystèmes.  Sensibiliser les écoliers, les collégiens, les lycéens, les familles, le public  à l’économie de l’eau, à la gestion raisonnée des déchets, au devoir de propreté. Croiser  nos actions avec les associations, avec les collectivités territoriales. S’entourer d’experts. Donner envie d’agir partout où la nature en a besoin !

Ils se sentent bien, ici dans le Ventoux !

 

 

Samedi 19 avril 2025, après avoir hésité sur le report au lendemain à cause du vent, le groupe de 12 participants, sous la conduite de Dimitri Marguerat, rejoint le belvédère des gorges de la Nesque.

La sortie commence par une longue remontée du versant Sud au-dessus de Monieux. Les conditions d’aérologie (vent fort du sud) conduisent les grands oiseaux à profiter des convections thermodynamiques .Nous pouvons déjà observer 2 nids de Vautours fauves récemment installés dans une falaise inférieure. La nouvelle colonie des gorges, installée spontanément depuis 4 ans, est en rapide croissance et atteint déjà 13 nids occupés, et 3 ayant subi un échec. Depuis ce versant, nous avons la chance d’observer le passage d’un Balbuzard pêcheur en migration, d’un Vautour percnoptère, espèce plus rare que le fauve, d’un Milan noir, et d’espèces plus communes comme l’Hirondelle des rochers, le Martinet à ventre blanc, le Faucon crécerelle, le Grand Corbeau. Plus haut dans la forêt, nous pouvons entendre aussi le chant de petits passereaux : le Pouillot de Bonelli, la Fauvette passerinette, le Pinson des arbres, le Roitelet triple bandeau, la Linotte mélodieuse, la Mésange bleue…

Coté végétation, c’est la garrigue des versants calcaires secs : buis, chênes verts et pubescents, thym et autres aromatiques, et les Amélanchiers à feuilles ovales en fleurs (photo).

Amélanchier à feuilles ovales

 

Nous découvrons une borie à double entrée, témoin de la fréquentation pastorale des lieux autrefois. Au sol, Dimitri nous montre un Géotrupe des bois, un Bousier chargé d’absorber les déjections des ruminants et de bien les assimiler dans le sol. Il déplore que les vermifuges donnés aux animaux (Ivermectine) aient un effet délétère sur la faune du sol, et qu’ils enrayent ce processus naturel sur de longues périodes à cause de la grande rémanence du produit. Des crottes très poilues sur le sentier laisseraient penser à celles d’un jeune Loup, sans certitude.

 

La pause casse-croute du midi a lieu au hameau des Bessons, restauré par des résidents secondaires. Jacques et Brigitte, de Pernes les Fontaines, nous accueillent très gentiment dans leur grange à musique, ou nous pouvons échapper un moment au ronflement du vent. Après le café qu’ils nous offrent, nous rejoignons un belvédère tout proche avec vue sur le rocher du Cire.

 

Anémone hépatique

Grace à la longue vue de Dimitri, nous observons plusieurs nids de Vautours fauves. Dans chacun, un poussin déjà de belle taille, issu d’une ponte de janvier ou février, est protégé par l’un de ses parents, tandis que l’autre est parti chercher la nourriture au loin, probablement sur les aires de nourrissage de Remuzat, à 40 kms au nord. Rappelons que les Vautours (4 espèces différentes présentes en France) ne se nourrissent que d’animaux morts : ce sont des charognards. La mauvaise réputation qui leur a été faite par le passé de s’attaquer aux troupeaux, et qui a conduit à leur quasi extinction, est usurpée. Ils sont protégés désormais, mais les conditions d’environnement éco-pastorales actuelles font qu’il faut leur déposer des carcasses d’animaux morts sur des aires affectées pour permettre à leur population de croître. Cependant, n’oublions pas que le vautour fauve est devenu totalement dépendant, de longue date, de l’activité pastorale. Depuis la révolution néolithique (sédentarisation de l’homme), l’humain a peu à peu remplacé les mammifères sauvages (ongulés notamment) par des mammifères domestiques. La vie des vautours est ainsi entièrement liée, en Europe, à l’économie pastorale et donc à l’homme. Les charniers ne sont pas véritablement des nourrissages supplémentaires mais plutôt une concentration d’animaux d’élevage morts de leur mort naturelle.

Ces grands voiliers peuvent se déplacer sur de longues distances (50 à 100 kms) pour prospecter leur nourriture, mais aussi mélanger les colonies pour la diversité génétique. Réintroduits dans les Grands Causses, le Vercors, les Baronnies, et le Verdon, ils sont en contacts fréquents entre eux. La nouvelle colonie spontanée de la Nesque en est le résultat. Dimitri nous montre des plumes, des os des ailes et du bréchet. Il nous explique la conformation particulière de ces oiseaux pour permettre leurs performances aériennes. Il nous montre également les différentes conformations de serres des rapaces adaptées à leur mode de chasse et proies différentes (mammifères, poissons, serpents). Le Vautour n’a pas de serres préemptrices de la proie.  Il enfouit sa tête dans la carcasse pour saisir à l’intérieur sa nourriture, d’où son cou déplumé.

 

Du belvédère, nous pouvons observer des oiseaux rejoignant le nid pour apporter la nourriture à leur petit. À cause du vent fort, l’approche est particulièrement délicate avec un atterrissage en arrondi. La nourriture est prédigérée puis  régurgitée  dans leur bec, tandis que l’autre membre du couple s’envole à son tour pour une nouvelle recherche.  C’est ainsi qu’ils se relèvent toute la journée à tour de rôle. Ce nourrissage au nid va durer 4 mois. L’envol du petit aura lieu normalement en juillet.

Nous rejoignons les voitures en fin d’après-midi, après avoir initié quelques cyclistes curieux de découvrir ces animaux, dont les nids sont à peine décelables depuis la route. Nous avons l’impression d’avoir encore beaucoup à découvrir de ces oiseaux magnifiques.

 

Texte : Denis ROUSSET

Photos : Denis ROUSSET, Dimitri MARGUERAT, Philippe CrOAYNE, Jean Pierre SAUSSAC, Marie Thérèse ZIANO, Nathalie LECAT, Philippe CHAVAREN

 

 

 

 

 



Ajouté le 21/04/2025 par Denis ROUSSET - 0 réaction

Une matinée de découverte botanique

autour de la ripisylve des basses gorges de la Nesque à Venasque

 

Chêne pubescent tricentenaire de la Roberte

 

Contre toute attente, le soleil était au rendez-vous Samedi 12 Avril pour le plus grand bonheur des 15 participants. Rendez-vous a été pris à lieu-dit La Roberte au pied du chêne, sachant que l’itinéraire est en grande partie sur la propriété de Monsieur Christian Cartoux.

Le chêne de la Roberte est remarquable, il est au moins tricentenaire et a failli disparaître au courant de l’Eté 1944 lorsqu’un obus de la batterie allemande du Pied marin est venu exploser à moins de 10 m de son tronc. Il a survécu à l’explosion, puis au fil de longues années il a fini par « avaler » tous les éclats d’obus, aujourd’hui il se porte comme un charme !

Le groupe s’est ensuite engouffré dans la végétation luxuriante du lit majeur de la Nesque où le chêne pubescent, l’orme champêtre, l’érable champêtre et l’érable de Montpellier prospèrent avec à ses pieds le troène commun, le fusain d’Europe, le cornouiller sanguin, l’aubépine à un style, le chèvre feuille d’Etrurie et le lierre.

Encore plus bas, nous avons découvert l’étonnant fragon faux-houx avec ses rameaux en forme de feuilles, ses fleurs très particulières et ses fruits écarlates. Près du sentier, une colonie d’aristoloche à feuilles rondes a suscité l’intérêt du groupe. En effet, cette plante est la seule espèce en capacité d’abriter les chenilles de la Diane, un magnifique papillon qui bénéficie d’un statut de protection sur tout le territoire national.

 

Jeune fruit de Fragon faux-houe

Un peu plus loin, en remontant sur la rive gauche de la Nesque, en lisière de ripisylve côté garrigue, le groupe a pu se faire une idée de l’étonnante biodiversité végétale avec près de cent espèces référencées dont la rubéole des champs, le salsifis à feuilles de poireau, la gesse pois chiche, l’érodium bec de grue, la Dame de onze heures, l’ophrys de la passion, la sauge fausse verveine, la potentille printanière, l’ophrys brun et la petite crépide de Nîmes…

Soudain, nous observons des crachats ici et là sur les sauges fausse verveine ! En fait, en cherchant bien, on trouve une larve de cicadelle. Une ruse très efficace pour se protéger des prédateurs ! Un arbuste a attiré l’attention des participants : le nerprun alaterne anciennement nommé prunier noir. Son identification est facile, un liseré translucide entoure la périphérie de ces feuilles, c’est du plus bel effet à contre-jour ! Il abrite aussi la chenille d’un papillon que nous avons croisé à proximité, le Citron de Provence.

 

Dame de onze heures

 

Nous avons eu la chance de pouvoir distinguer côte à côte deux églantiers (le Rosa tomentella du Rosa agrestis), le muscari à toupet du muscari à grappes, le genévrier cade du genévrier commun, la clématite des haies de la clématite flamette, la coronille arbrisseau de la coronille glauque.

De même, quatre espèces d’euphorbes (euphorbe réveil matin, euphorbe petit cyprès, euphorbe à feuilles dentées et euphorbe des garrigues) ont été observées avec intérêt. Plus loin, une autre espèce d’aristoloche a été trouvée, l’aristoloche pistoloche qui abrite les chenilles d’un autre papillon : la Proserpine, lui aussi protégé sur tout le territoire français.

   En redescendant dans la ripisylve, les chênes pubescents sont clairsemés autorisant une plus grande diversité végétale. Ainsi, le frêne à feuilles étroites, l’érable champêtre, le tilleul à larges feuilles, l’orme champêtre, l’arbre à perruques, la filaire à large feuilles, le troène commun, le viorne lantane et le fragon faux-houx ont colonisé le lit majeur de la Nesque.   

En se rapprochant des falaises de la Peregrine, dans une ambiance fraîche et humide se sont développées des fougères telles que le polipode austral et la doradille fausse capillaire. Le groupe a pu aussi apercevoir accrochées à flanc de rocher la campanule à feuilles rondes et l’euphorbe des garrigues.

 

A cet endroit, la Nesque coule 10 mètres en dessous de son lit de galets et chaque participant(e) s’est exercé(e) à la détection de la nappe d’eau souterraine à l’aide de baguettes de sourcier. Ce fut un moment magique où l’on s’est aperçu que selon la personne, le flux d’énergie va entrer ou pas en vibration avec celle de l’eau souterraine.

Au retour, le groupe a bifurqué par un sentier en découvrant une jolie prairie bocagère sur la rive droite de la Nesque. A cet endroit, un églantier sarmenteux, le rosier toujours vert (Rosa sempervirens), considéré comme une espèce rare en Vaucluse, se développe vigoureusement dans les haies et même sur les ronces !

Quelques insectes ont été surpris en train de butiner comme cette éristale, un genre de syrphe sur une fleur d’euphorbe à feuilles dentées et cette magnifique punaise à pattes rousses sur des fleurs de thym commun. 

Bien d’autres espèces ont égayé la fin de la randonnée, au total plus de 120 plantes ont été répertoriées, un itinéraire très riche en découvertes botaniques, à retenir pour de prochaines visites !

                                                   

Texte : Elie DUNAND

Photos : Philippe CROAYNE

 

Le compte rendu illustré : CLIQUEZ ICI

 

Inventaire botanique : CLIQUEZ ICI

 

Reportage photos : CLIQUEZ ICI



Ajouté le 16/04/2025 par Élie DUNAND - 0 réaction

Pour la conférence sur le changement climatique à Pernes

 

Vendredi 21 mars 2025, la conférence-débat sur « Pernes face au changement climatique » a tenu toutes ses promesses.

Quelles températures à Pernes en 2030 et 2050, quels risques d’inondations et de crues de la Nesque, quelles conséquences pour notre santé et notre sécurité ?

Mais surtout que faire pour amortir les conséquences ? En commençant par arrêter de grignoter nos espaces agricoles et naturels (plus de 5 ha par an à Pernes ces 10 dernières années).

Comment réaménager notre ville, verdir nos places et nos parkings, protéger les arbres existants et sauvegarder nos espaces de biodiversité ? Quels arbres planter ? Comment réduire les risques de fissures de nos maisons ? Comment créer des îlots de fraicheur ? Comment réaménager le lit de la Nesque…

Des dizaines de questions précises et des dizaines de réponses précises, étayées par des exemples de réalisations proches de chez nous.

Et un riche débat avec la salle, sur des situations concrètes, avec des témoignages… qui ont montré les niveaux de responsabilité, et d’irresponsabilité !

Tous les sujets n’ont pu être abordés dans le détail. Ils mériteront d’autres rendez-vous.

Merci à tous ceux qui ont bravé le mauvais temps pour prendre conscience des dures réalités locales, mais aussi pour reconnaître que l’espoir est permis.

Robert IGOULEN

 

 

Le reportage dans Vaucluse matin du 27 mars 2025 : CLIQUEZ ICI



Ajouté le 26/03/2025 par Robert IGOULEN - 0 réaction

 

Ce samedi 8 mars 2025, c'est plus d'une soixantaine de personnes qui se sont retrouvées à la Médiathèque de Pernes les fontaines pour tout savoir des libellules, demoiselles et autres habitants des mares et des ruisseaux, une conférence proposée par Elie Dunand et Philippe Croayne de la Nesque Propre.

Les libellules (famille des Anisoptères- ailes inégales) et demoiselles (famille des Zygoptères- ailes égales) sont des Odonates, un des plus vieux ordre d'animaux au monde apparus il y a près de 450 millions d'années. Celles que nous connaissons ressemblent énormément à celles de l'ère primaire, ce qui indique leur résistance exceptionnelle à tous les changements que la Terre a traversé depuis. Ils figuraient probablement parmi les premiers animaux volants de l'histoire. Leur taille a beaucoup diminué mais ils restent des animaux extraordinaires.

Elie nous parle de leur jeunesse: les larves commencent leur vie dans l'eau et sont de redoutables carnassières de têtards, voire tritons. Elles vont grossir et se métamorphoser peu à peu grâce à 7 à 15 mues, d'un animal aquatique à branchies en un insecte aérien à trachées. Le passage de l'eau à l'air libre est le moment le plus dangereux de leur vie et 30% ne survivent pas. Elles parviennent à sélectionner le bon moment météo pour cela car il leur faut du soleil pour se réchauffer vite. 

Philippe nous explique le mystère de leur reproduction, avec la forme merveilleuse de cœur que forment le mâle et la femelle au moment de l'accouplement. Cela est dû à la position respective de leurs organes sexuels sur le corps.

Ces insectes sont des champions du vol, capables de voler à 35 km/h, avec des pointes en vertical à 1,5 m/s. Les libellules ont 4 ailes indépendantes qui leur permettent de faire du vol en avant, en arrière et du stationnaire. C'est bien pratique pour attraper leurs proies en vol, ou posées sur une feuille. Les papillons, les moustiques et les pucerons sont leur plat préféré.

L'exposé est agrémenté de très belles photos prises par Philippe entre le canal de Carpentras et les bords de Sorgue. Il se termine par un rappel de l'importance vitale des zones humides pour la régulation des pluies, le maintien de l'eau lors de sècheresse et le maintien bien sûr de la biodiversité très riche de ce milieu. Il ne nous reste plus qu'à ouvrir les yeux à partir de Mai pour les observer, les distinguer, les admirer!

Françoise SERIN

 

Elie Dunand, Jean Pierre Saussac, Philippe Croayne

 

 

 

 

 

 

 



Ajouté le 10/03/2025 par Françoise SERIN - 1 réaction

 

Samedi 8 février 2025, la Nesque propre a passé une journée aux Saintes Maries de la mer,  à la découverte  du Parc ornithologique de Pont de Gau.  Tout est calme et paisible.  Le ciel est voilé. La lumière est douce. Le vent est nul.

Douze participants sont venus  s’immerger  dans le monde des oiseaux aquatiques appelés limicoles.

Dimitri Marguerat, guide naturaliste (Rando-oiseaux) nous a faits découvrir un espace naturel de 60 hectares, formé de sansouires, d’étangs, de roubines, de roselières et  de marais.

En cette saison, les oiseaux, migrateurs partiels ou au long cours, sont particulièrement nombreux. Ils sont venus hiverner sur les rivages et dans les zones humides méditerranéennes.

Fait étrange, ici,  ils ne craignent pas les visiteurs. Ils se sentent en sécurité.   Ils sont sur la route de la migration pour faire le plein de nourriture. Toute la journée,   on a pu les observer et les identifier. On a compté   plus d’une quarantaine d’espèces dont  des petits et  des grands échassiers :

Courlis cendré, Avocette élégante, Echasse blanche, Chevalier Arlequin, Bécassine des marais, Chevalier culblanc, Héron cendré, Ibis falcinelle, Aigrette garzette,  Grande Aigrette, Busard des roseaux, Héron Bihoreau gris, Spatule blanche, Cigogne blanche, Héron garde bœuf,  Canard souchet, Foulque macroule, Tadorne de belon, Grue cendrée, Sarcelle d’hiver, Goéland cendré, Flamand rose…

La période de reproduction a démarré chez le Héron cendré. Les arbres sont remplis de nids en formant  une belle « Héronnière ». En même temps, Les Flamands roses sont également  en pleine saison de  parade nuptiale.  Sous nos yeux, ils défilent en « cacanant » et en  déployant leurs ailes bigarrées de couleurs.

En fin d’après midi, en faisant le tour du grand étang  (4km), une famille de Ragondins pas du tout farouches, est venu  croiser notre chemin. Quelques pauses dans les postes d’observation  nous ont fait du bien. Un coucher de soleil spectaculaire a fini de nous remplir de sérénité avec  des vagues successives d’oiseaux s’envolant rejoindre les dortoirs.

Ce site,  créé, il y a 40 ans, par une famille de passionnés,  est devenu un concentré de Camargue !

Jean Pierre Saussac

 

Reportage photo réalisé par Serge RAMADE :  CLIQUEZ ICI

 

La migration des Grues cendrées au jour le jour : CLIQUEZ ICI

 

 

 

 



Ajouté le 28/02/2025 par Jean Pierre Saussac - 3 réactions

 

Jadis presque totalement éradiqué de France par la stupidité destructrice de l’homme, puis affaibli par la diminution du pastoralisme, le Vautour fauve regagne progressivement du terrain. L’heureux retour du géant ailé a commencé en France au début des années 80. Il aura suffi de le classer « espèce protégée » dès 1976, et de lui faire bénéficier de quelques sérieux « coups de pouces » avec notamment des programmes de réintroductions pour inverser la tendance.

Depuis quelques années, les Gorges de la Nesque sont devenues à leur tour un excellent site d’accueil pour l’implantation d’une jeune colonie. A la différence notable qu’ici, ce sont les Vautours fauves qui ont spontanément choisi de se réinstaller, sans aucune intervention humaine, type soutien alimentaire par création de charnier ou programme de réintroduction.

 

Bref historique de cette épopée dans les Gorges de la Nesque :

A la fin des années 2010, des Vautours fauves fréquentent de plus en plus souvent le site et s'y installent parfois pour y passer la nuit.

Puis en 2021, un couple pionnier s’installe et pond. C’est la première fois depuis plus d'un siècle de désertion !

En 2022, le même couple ré-utilise son aire pour se reproduire à nouveau, tandis que gravitent autour de lui des couples en formation, constitués d’individus non-reproducteurs qui explorent corniches et cavités favorables.

En 2023, c’est le grand bond : on passe d’un coup de 1 à 9 couples reproducteurs ! Il est probable que cette impulsion ait été provoquée par la désertion d’un autre site à seulement 20km, le haut des Gorges du Toulourenc, où nichait une fragile colonie de 10 couples en 2022 (colonie disparue dès 2023).

Début 2024, la colonie de la Nesque se consolide avec une augmentation de 9 à 13 couples pondeurs.

Le 13 février 2025, période où la grande majorité des couples ont pondu, nous avons effectué un recensement précis : 15 couples ont déposé leur ponte, et un seizième est apparemment sur le point de le faire. Au crépuscule, 26 vautours fauves supplémentaires (immatures, partenaires de ceux en incubation et les non-reproducteurs) sont venus s’installer pour passer la nuit en dortoirs. Ces comptages nous permettent d’estimer l’effectif de cette colonie à une quarantaine d’oiseaux début 2025.

Le taux de croissance de cette jeune colonie, assez élevé, est conforme aux autres colonies du sud de la France lorsqu’elles débutent leur formation. Le phénomène est très prometteur et confirme l’attractivité des Gorges de la Nesque pour cette espèce : grandes falaises avec corniches et cavités, bonne aérologie, ressource alimentaire dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres…

Rappelons encore qu’une surpopulation de Vautours fauves n’est pas envisageable ni à craindre. Comme chez toutes les espèces de carnivores (oiseaux et aussi mammifères), l’auto-régulation est la règle. Le taux de reproduction, l’effectif, l’occupation du territoire, dépendent de la ressource alimentaire. Lorsque la nourriture diminue, la production de jeunes diminue à son tour, ce qui tend à un juste équilibre. Le Vautour fauve est un oiseau charognard aux grandes capacités de déplacement. Entre les Baronnies (situées à 40 km au nord) et les Gorges du Verdon (situées à 90 km à l’est), pas moins de 600 couples se reproduisent. Des dizaines d’individus circulent quotidiennement entre ces massifs. La quarantaine d’individus des Gorges de la Nesque empruntent ces véritables « couloirs aériens » surtout à la recherche de cadavres d’animaux domestiques. Espèce grégaire par excellence, le Vautour fauve démontre à sa façon que l’union fait la force !

 

Dimitri Marguerat le 18 février 2025

 



Ajouté le 18/02/2025 par Dimitri Marguerat - 6 réactions

 

 

 



Ajouté le 28/01/2025 par Jean Pierre Saussac - 2 réactions

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