Association loi 1901 N° 0843005161, enregistrée à la Sous Préfecture de Carpentras le 3 décembre 2007.  Objet :

Protéger et défendre l'environnement : Agir ensemble sur tout le bassin versant de la Nesque dont ses gorges. Protéger l’eau,  les sources, les ruisseaux, la rivière, les zones humides, les espaces naturels. Faire connaitre, découvrir et comprendre : la biodiversité, la géologie, l’hydrogéologie, les paysages, le cycle de l’eau, les beautés de la nature. Transmettre et pérenniser le petit patrimoine rural de l’eau.  Encourager des comportements citoyens responsables. Convaincre que  les fauchages à la belle saison dévastent pollinisateurs, pontes et larves d’insectes, espèces végétales menacées et fixateurs de CO2.  Remédier à l’indifférence face à des situations préoccupantes de certains écosystèmes.  Sensibiliser les écoliers, les collégiens, les lycéens, les familles, le public  à l’économie de l’eau, à la gestion raisonnée des déchets, au devoir de propreté. Croiser  nos actions avec les associations, avec les collectivités territoriales. S’entourer d’experts. Donner envie d’agir partout où la nature en a besoin !

À Méthamis

 

 

Quels sont les arbres de notre région ? Quels sont ceux qui vont supporter le mieux le réchauffement climatique? C’est à ces questions que nous convie la promenade dans Méthamis organisée par la Nesque Propre avec comme guide Michel Valerio, responsable des Parcs et jardins à l’INRAE d’Avignon ( Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.).

Samedi, 14 juin 2025, en attendant que tous les  participants (15) arrivent, une discussion à bâtons rompus s’engage sur la taille, souvent aberrante, pratiquée par les municipalités sur les arbres communaux, dans l’ignorance des besoins de l’arbre et en le mettant en danger durablement. Le constat est que l’objectif principal des mairies est souvent de faire « beau » et « propre » sans remettre en question la vision purement décorative de l’arbre chez la plupart des habitants.

 

 

Notre promenade matinale dans le village de Méthamis nous fait apparaitre la grande diversité des arbres et arbustes plantés dans les jardins privés et les espaces publics. Michel Valério les connait tous, avec une histoire pour chacun ! Il y a les arbres importés plus ou moins récemment dans la région, plus ou moins adaptés au climat et à la sécheresse. Dans cette catégorie, on trouve le Cèdre de l’Atlas invasif sur les pentes du Mont Ventoux. Le Micocoulier ( Celtis australis) est un arbre originaire du sud ouest de l'Europe ; Il pourrait remplacer le platane mais supporte assez mal la taille. Le Murier platane, introduit au XXème siècle, est lui très résistant. Le Faux vernis du Japon ou Ailante est très invasif, et dégagerait au niveau de ses racines des toxines qui empêcherait les autres végétaux de pousser.

 

Mimosa

Le Mimosa est originaire d’Australie, envahissant et peut conduire jusqu’à stériliser des zones naturelles. Le Robinier faux acacia tient son nom du jardinier de Henri IV qui l’introduisit en France depuis l’Amérique du Nord. Le Cyprès bleu d’Arizona  est également présent  avec un couvre sol envahissant.

Tilleul argenté

Les arbres de nos régions sont plutôt bien placés pour supporter le dérèglement climatique par leur capacité de résistance au chaud et au sec. Le Laurier rose est issu d’Afrique du Nord, de la même famille que le Jasmin étoilé ou la Pervenche. L’Olivier, dont on trouve des forêts sauvages au Pakistan, se transforme parfois en arbre décoratif dont on dégarnit la masse foliaire en le taillant brutalement et fréquemment, ce qui le fragilise. Le Mûrier de Chine a une belle structure en ombrage qui en fait un candidat à la végétalisation du milieu urbain.  Le Cyprès vert est intéressant, avec son bois imputrescible qui servait dans les roues des moulins à eau. Il se ressème facilement et peut ralentir la propagation du feu au sol. Le Tilleul est un arbre sympathique, avec ses fleurs odorantes qui attirent tant d’insectes, et son feuillage dense procurant une belle zone de fraicheur. Il faut pour cela qu’il puisse s’épanouir, ce qui est rarement le cas en milieu urbain. Le Tilleul argenté est lui plus résistant à la chaleur. Le Lyciet commun, très résistant à la sècheresse, fournit une petite couverture végétale. Ses baies sont souvent appelées goji. L’Erable de Montpellier est vraiment résistant à la chaleur et apprécie les sols calcaires. Le Lierre est très bénéfique car il prépare le sol pour les forêts, il nourrit l’Abeille collète qui lui est inféodée, et ne crée par de dommages à un arbre sain, contrairement aux idées reçues. Le Grenadier à fleurs  est magnifique avec sa floraison d’un oranger flamboyant mais il n’aime pas les sols trop humides. Notre promenade ne peut éviter l’Arbre de Judée, rare arbre non tropical dont les fleurs poussent directement sur les branches (cauliflorie), le Buis et les arbustes typiques tels le Buplèvre ligneux, petit arbuste ombellifère qui demande très peu d’eau, la Viorne tin (ou laurier tin) à tailler en mai de préférence, le Sureau noir, le Spartium ou Genêt d’Espagne, plante pionnière qui pousse sur des sols très pauvres, le magnifique Genévrier cade du haut du village, arbre qui n’aime ni les arrosages ni même l’humidité atmosphérique. Il faut citer aussi le Pistachier  terebinthe et le Lentisque, qui ne donnent aucune amande comestible, contrairement au Pistachier vera, originaire d'Iran, qui est cultivé ( amandes : les pistaches)  et  à l’Arbousier.

 

Grenadier à fleurs

Certains arbres de notre région sont déjà en souffrance ou menacés par le changement climatique (réchauffement, allongement des durées de sécheresse, décalage des saisons). On peut citer ici l’Amandier, originaire du centre de l’Asie. C’est un arbre très mellifère mais très sensible aux maladies. Le décalage des saisons lui cause également quelques soucis et une baisse des rendements. Le Prunier est aussi menacé par la sècheresse tout comme l’Erable à feuille de frêne. Seul l’Erable de Montpellier est vraiment résistant à la chaleur.

 

 

Viorne tin ou Laurier tin

Enfin, certains arbres souffrent de maladies et sont destinés à être remplacés car sans solution de sauvetage. Il en est ainsi du Platane, si emblématique des places ombragées, qui a l’avantage de pousser vite et de faire beaucoup d’ombre. Il est largement menacé par le chancre coloré, sans remède. Les arbres contaminés doivent être coupés et remplacés de préférence par une autre espèce, bien qu’il n’ait pas d’équivalent en hauteur et en pousse. Le Marronnier, qui vient de Grèce et des Balkans, est un arbre plutôt montagnard au départ. Il est probablement amené à disparaitre, contaminé par la mineuse d’Asie, petit papillon qui provoque le dessèchement précoce des feuilles dès juillet et peu adapté à la chaleur. 

 

Prunier

Notre promenade dans Méthamis se termine par une envolée d’Hirondelles de fenêtre, qui reviennent et nichent sous le toit de la Poste. Nous remercions Michel  Valério qui nous a bien sensibilisés à l’importance du milieu idéal pour l’épanouissement d’un arbre dont la vie normale dépasse de très loin la nôtre. C’est à son avenir au-delà du nôtre que l’on doit réfléchir en choisissant un arbre de compagnie.

Merci à Michel VALERIO

Merci aux participants

Merci au village de Méthamis

 

Texte : Françoise SERIN

 

Photos : Philippe Croayne et Jean Pierre Saussac

 

Pour découvrir le reportage photos : CLIQUEZ ICI

 

Michel Valério

 



Ajouté le 23/06/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction

Dans le Vaucluse

Date : 7 juin 2025

Commune : Mondragon

Site : Marais de l’Ile Vieille

Auteur : Dimitri Marguerat

 

Lors d’une sortie naturaliste de l’association « La Nesque Propre », sur le site du Marais de l’Ile Vieille à Mondragon, nous avons eu la surprise de rencontrer un papillon rare en PACA, le Petit Monarque (Danaus Chrysippus) qui sirotait son nectar sur les capitules de Scabieuses maritimes (Scabiosa atropurpurea). Il était le seul spécimen de son espèce parmi des papillons communs (Myrtils, Mélitées, Piérides…).

J’ai découvert ce magnifique papillon pour la première fois au Maroc, puis de nombreuses fois au Sénégal où l’espèce est parmi les plus communes. Ce papillon occupe une vaste aire de répartition : Afrique, Asie, Océanie, ainsi que divers pays du sud de l’Europe. Depuis une vingtaine d’années, ses apparitions sur le littoral provençal ont sensiblement augmenté : 10 observations entre 1985 et 2005, 55 observations entre 2005 et 2025 (source : Silène Nature, CEN PACA). L’année 2025 semble être une année très favorable à la « poussée vers le nord » de cette espèce migratrice. Pour l’ensemble de la région PACA, le nombre record annuel d’observations (17 depuis le 6 mai 2025) a été atteint dès la mi-juin.

Cette observation effectuée dans le nord du Vaucluse le 7 juin 2025 constitue la première donnée historique pour l’espèce dans le département, selon les sources consultées.

Les chenilles de ce papillon consomment exclusivement des plantes de la famille des Asclépiadacées. Elles ont déjà été découvertes sur le littoral provençal en train de consommer deux espèces de cette famille de plantes : la Scamonée de Montpellier (autochtone) ainsi que le Gonphocarpe (allochtone, plante ornementale). Ces plantes contiennent des substances toxiques appelées cardanolides, que la chenille accumule dans son organisme. Ces cardanolides protègent ensuite le papillon adulte contre ses prédateurs. La coloration vive et les motifs de ce papillon constituent un signal d’avertissement face aux prédateurs, les oiseaux en particulier.

A l’instar du Grand monarque (Danaus plexippus) se développant sur le continent américain, lui aussi inféodé à des plantes de la famille des Asclépiadacées, le Petit monarque est un grand migrateur. Le Grand monarque est certainement le papillon le plus connu au monde. Sa migration a été très étudiée : au printemps, un mouvement de 5000 km vers le nord est effectué sur plusieurs générations tandis qu’en automne, une seule génération redescend directement au sud pour hiverner dans un secteur de forêts de montagnes du Mexique, à 3000 m d’altitude.

Cette première observation du Petit monarque en Vaucluse sera sans doute de moins en moins exceptionnelle dans les années futures. Nous pouvons l’interpréter comme une des conséquences du changement climatique en cours.

 

Dimitri Marguerat, le 17 juin 2025

rando-oiseaux.fr

 

Bibliographie : Faune PACA, Silène Nature, INPN, Atlas des papillons de jour et Zygènes (CEN PACA)

 

Petit Monarque ( Danaus Chrysippus)



Ajouté le 19/06/2025 par Dimitri Marguerat - 0 réaction

Le marais de l'île Vieille

 

Ce samedi 7 Juin 2025, accompagné par Dimitri Marguerat , guide naturaliste « Rando-oiseaux », nous sommes 12 participants de la Nesque propre à nous retrouver à l’entrée de l’espace naturel sensible de l’Ile Vieille à  Mondragon, propriété du département du Vaucluse.

A priori, le site n’est pas très attrayant, coincé à la pointe du canal de Donzère-Mondragon et du vieux Rhône, au bord de la ligne TGV et non loin de l’autoroute! En réalité, notre découverte de cet ENS va s’avérer riche en oiseaux, insectes et plantes magnifiques. Le marais de l’île Vieille couvre une surface de 260 hectares. Cette zone humide remarquable s’est formée sur le site d’une ancienne gravière, remplie d’eau en 3 étangs dont un, réserve de pêche. Sa proximité avec le Rhône et son accès, peu signalé et en dehors des grands axes, en font un lieu peu fréquenté où la Nature retrouve ses droits.

 

Héron pourpré

Notre balade est un parcours en boucle de 7 km, d’abord autour du grand étang, puis de la lône de Lamiat, un ancien méandre du Rhône composé d’un plan d’eau et d’une roselière inondée. Nous commençons par examiner le Millepertuis « mille trous » en vieux français), qui tient son nom des nombreux petits trous qui semblent apparaitre en regardant sa feuille en transparence (en fait de micro-poches d’huile essentielle) et l’Onagre et ses fleurs jaunes, une plante originaire d’Amérique du Nord.

Les oiseaux s’entendent mais se montrent peu. Nous voyons tout de même le Bruant zizi perché en haut d’un arbre mort, le Héron cendré, la jolie Tourterelle des bois et Dimitri nous signale le chant de l’Hypolaïs polyglotte, puis de la Bouscarle de Cetti.

Les insectes sont nombreux dans les hautes herbes, notamment les zygènes, les demoiselles (à ne pas confondre avec des libellules !) au corps frêle et aux ailes parallèles au corps à l’arrêt, aux couleurs variées. Nous rencontrons notre premier émerveillement de la matinée : le Petit mars changeant, un magnifique papillon aux couleurs orangé et violet, assez rare chez nous. La couleur des ailes des papillons peut venir du pigment de leurs écailles, mais aussi de la seule diffraction de la lumière sur ces écailles qui ne renvoient que certaines couleurs du spectre lumineux.

 

Mylabris variabilis

Nous continuons notre tour du plan d’eau, entre verger abandonné, hautes herbes à l’état sauvage et fossé humide. On observe la Chrysomèle du peuplier - un petit coléoptère ressemblant à une coccinelle allongée sans points-, le Mélitée du Plantain - un papillon orange et noir, les Calopteryx virgo, ou splendens, avec leur bleu électrique ou sombre pour les mâles, leur couleur vert-or pour les femelles. On aperçoit aussi les papillons : Robert-le-diable aux ailes découpées, le Demi-deuil noir et blanc, le Tircis, commun des sous-bois. En se posant sur les fleurs, les papillons peuvent rencontrer leurs prédateurs que sont les araignées, en particulier la Thomise variable ou « araignée-crabe » qui pique, paralyse puis liquéfie l’intérieur du papillon pour le pomper ensuite. Elle peut aussi se nourrir d’abeille comme nous le constatons sur une fleur.  En traversant un pré, notre deuxième merveille de la matinée nous attend : un papillon Petit Monarque ! C’est une rencontre exceptionnelle car ce papillon n’est pas présent dans le sud de la France. Il est très courant au Sénégal, en Egypte, en Inde et généralement sédentaire. Nous l’admirons longtemps avec ses ailes d’un orangé flamboyant et ses points blancs sur fond noir ! Il est seul, ce qui laisse penser qu’il est arrivé là accidentellement.

Robert le diable

Notre parcours se termine par la lône de Lamiat, une zone protégée équipée d’un observatoire à oiseaux flambant neuf avec une vue imprenable sur le marais et la roselière. Curieusement on ne voit aucun canard et les oiseaux, cachés dans les roseaux, sont très difficiles à observer. On entend le Bongios nain (que Dimitri tente d’imiter!). Un peu d’attente et le dernier cadeau de cette sortie apparait: le Héron pourpré, d’abord en vol rapide devant nous puis perché sur un arbre mort dans l’eau, probablement en train de protéger son nid contre un milan noir qui rôde.

Après un pique-nique mérité, nous rentrons heureux du spectacle qui nous a été donné, et toujours plus convaincus de l’importance de préserver et d’étendre des zones naturelles humides protégées pour laisser plus de chances à la biodiversité.

Un grand merci à Dimitri Marguerat, venu en éclaireur quelques jours avant, qui a préparé cette sortie pour nous.

Un grand merci aux participants !

Texte : Françoise SERIN

Photos : Philippe CROAYNE, Hervé FOURBOUL , Jean Pierre SAUSSAC

 

Le reportage PHOTOS : CLIQUEZ ICI 

 

Petit Monarque

Caloptérix splendens mâle

 

 



Ajouté le 16/06/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction

À l'espace naturel des Plantiers au Barroux

 

 

Samedi 24 mai , nous nous sommes retrouvés ( 18 participants) au Barroux, derrière le Tennis Club, pour visiter le jardin aux Papillons. Il s'agit d'une initiative du foyer rural du Barroux, structure qui existe depuis 1980, en vue de partager et de maintenir la culture et le patrimoine local y compris naturel.

Jean Marc FOURNIER, Martine GRILLET, Gilles GRILLET et Élie DUNAND  nous accueillent et nous expliquent la genèse de ce projet de jardin centré autour de l'abeille noire et la connaissance des papillons locaux.

 

 

Le "jardin" est un espace regroupant des espèces végétales typiques de notre région et nourricières pour les papillons. C'est un jardin sec, sans apport d'eau une fois les plantations faites, ouvert à tous. Les papillons se nourrissent principalement du nectar des fleurs, du jus des fruits murs qui leur apportent les sucres et de crottes d'animaux qui leur apportent les sels minéraux comme l'eau et la boue. Les papillons sont souvent associés à une ou plusieurs "plantes hôte"  qui va nourrir la larve. Si la plante disparait, le papillon associé disparait aussi. La larve va ensuite se transformer en chenille dont il existe autant de tailles, de formes et de couleurs que d'espèces de papillons. Après 4 mues ,la chenille atteint le stade de la chrysalide, enfermée dans sa carapace ou son cocon, posée sur une pierre, un mur ... Tous ses organes sont prêts et attendent le bon moment, quitte à passer l'hiver, pour s'extirper et laisser place au papillon volant ( ou imago).

 

 

Les papillons ont de nombreux prédateurs: la thomise, la mante religieuse sur les fleurs, les grenouilles, les crapauds dans les étangs, les oiseaux, les lézards, les tarentes. Leurs couleurs leur permettent de se camoufler, en adoptant celles de la végétation, des feuilles et des branches,  mais aussi  en arborant des couleurs chatoyantes destinées à impressionner ou repousser leurs prédateurs. Le Machaon , lui, se défend avec les petites "queues" au bout de ailes qu'il peut abandonner aux oiseaux qui l'ont attrapé, sans abimer ses organes vitaux.

 

 

Les papillons sont en danger , comme presque tous les insectes dont la population aurait diminué de 70 à 80 % dans les paysages européens mixtes agro-industriels, et probablement de 50% pour les insectes de prairies. Les causes principales sont connues, à commencer par l'emploi massif des pesticides depuis plus de 80 ans et la disparition des habitats (artificialisation, imperméabilisation,..). Il y a aussi la fragmentation des habitats des insectes qui ne peuvent plus circuler et assurer par là même un brassage génétique des espèces. C'est pourquoi, à travers les haies, les zones protégées, les zones humides etc., il est important de reconstituer un maillage d'habitats d'insectes.

Après la présentation des papillons et du jardin, nous abordons le sujet des abeilles à travers les nichoirs à insectes conçus par Elie DUNAND et le travail de protection de l'abeille noire de Provence, une espèce menacée d'abeille de notre région et dont un rucher est présent au jardin du Barroux. Elie nous montre le nichoir à insectes, boite ouverte d'un coté et contenant des tubes de différents diamètres pour permettre aux abeilles sauvages de pondre et se reproduire. Les abeilles sauvages représentent l'immense majorité des espèces d'abeilles. Elles sont solitaires et 20% d'entre elles sont maçonnes, habitant dans les trous des maisons, des arbres morts. Pour se reproduire, l'abeille prend le nectar et le pollen dans les fleurs, va dans le tube adapté à sa taille, vibre pour faire tomber le pollen de ses poils, pond, recule, va chercher de la boue pour faire une cloison puis recommence quelques minutes plus tard. Elle peut ainsi pondre 30 à 50 œufs. Une fois son travail accompli, l'abeille meurt, les œufs vont éclore et les larves se nourrir dans leur alvéole jusqu'au printemps suivant. Les nichoirs  à abeilles permettent d'examiner les œufs et de déterminer en particulier le nombre d'espèces d'abeille sauvage présentes sur un territoire donné. C'est une donnée importante pour ces espèces assez mal connues et étudiées.

 

 

Quand à l'abeille noire de Provence, il s'agit d'un écotype, c'est à dire d'une espèce particulièrement adaptée à son environnement climatique. L'abeille noire démarre son cycle tôt dans l'année et travaille peu en été quand il fait trop chaud. Il s'agit d'une abeille mellifère assez simple génétiquement, sans croisement, plus solide que les reines "produites" par les entreprises spécialisées qui cherchent surtout à obtenir des reines très productives, mais qui doivent être renouvelées plus souvent dans les ruches.

Gilles GRILLET qui a créé ce rucher d'abeille noire de Provence nous indique qu'une de ses ruches peut produire entre10 et 15 kg de miel par an. Si la reine est jeune et la ruche dans un milieu très fleuri comme les lavandes, elle peut produire jusqu'à 20 kg de miel en une semaine; Une ruche en bonne forme contient environ 60000 abeilles qui vivent entre 15 et 21 jours. Elles passent par les 5 "métiers" de nourrice, ventileuse, nettoyeuse, gardienne, puis butineuse les 5-6 derniers jours de leur vie. Les éclaireuses évoluent dans un rayon d'environ 5 km pour chercher la miellée, reviennent à la ruche et présentent leurs trouvailles aux autres. S'en suit une discussion sur la distance, la direction, le potentiel de pollinisation puis un choix concerté semble s'effectuer!

 

Les hausses des ruches ( la partie récoltable, le grenier à réserves des abeilles) sont toutes faites de la même façon avec des caractéristiques très précises pour permettre le stockage du miel. Par exemple, les cloisons des alvéoles font exactement 0.067 mm. Pour les matheux, nous vous conseillons de lire l'article Wikipédia sur les alvéoles d'abeille, incroyable!!

 

Notre visite se termine par les fléaux que sont le varroa et le frelon asiatique, tous deux importés par la mondialisation des échanges; le frelon asiatique n'est pour l'instant pas encore arrivé au delà de 900m d'altitude et la transhumance de ruches l'été permet donc d'y échapper.

Pour ceux qui n'ont pu se joindre à la visite et pour ceux qui souhaitent y retourner, nous ne pouvons que vous inviter à venir voir ce jardin protégé emblématique de notre environnement naturel local. Merci encore à toute l'équipe du foyer rural du Barroux pour cette visite si instructive!

 

Mardi 1er juillet 2025, pour célébrer la journée mondiale du papillon, le Foyer rural du Barroux organisera des visites guidées . Si des personnes sont intéressées elles seront les bienvenues. Les visites débuteront à 10h le matin et à 16h30 l'après-midi.

 

Texte : Françoise SERIN

Photos : Philippe CROAYNE, Catherine DAILLANT, Jean Pierre SAUSSAC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Ajouté le 08/06/2025 par Françoise SERIN - 0 réaction

à Sault

 

M. Maurice Constantin, lavandiculteur aux Pourraches à Sault,  a trés souvent ramassé des oiseaux morts d’électrocution sur sa propriété, au pied d’un pylône d’une ligne électrique haute tension: Buse variable, Faucon crécerelle, Chouette Hulotte …

A l’origine, le pylône électrique était  équipé de dispositifs de protection pour les oiseaux. Lors d’une maintenance,  ENEDIS a dû les enlever pour empêcher le cisaillement des câbles. Sans ces protections, le pylône était  redevenu meurtrier pour l’avifaune.

Comment les oiseaux pouvaient-ils s’électrocuter ?

Le pylône est fabriqué en béton armé contraint. Lorsque l’oiseau se pose sur la tête du pylône, il est relié à la terre. Au moment de l’envol ou de l’atterrissage,   si ses ailes touchent le câble alors qu’il a les pattes sur le béton : il est foudroyé. 

Historique des actions :

25 mars 2024 : Grâce aux vigies de l’association «  La Nesque propre »,  le PNR Mt Ventoux a été alerté de la mortalité élevée par électrocution des rapaces à Sault.  Ce dernier a ainsi informé la mairie et ENEDIS pour envisager une sécurisation de ce pylône meurtrier. ENEDIS programme alors les travaux pour fin 2024-début 2025.

7 décembre 2024 : La Nesque propre renouvelle l’alerte au PNR du Mont Ventoux qui relance ENEDIS. Celui-ci  n’a en effet  toujours pas remplacé les gaines des câbles électriques du pylône à Sault, responsable de l’électrocution des oiseaux. La LPO Ventoux est également alertée.

10 janvier 2025 : visite de terrain avec la Nesque propre (Georges Ughetto , Marjorie Ughetto,  Jean Pierre Saussac), la LPO PACA ( Elsa Huet-Alègre) , ENEDIS ( Eric Colin technicien), Maurice Constantin ( propriétaire)  , la LPO Ventoux ( Cécile Boule).

14 avril 2025: en début de matinée, ENEDIS (Cindy Mahieu, Emilie Blondel)  a invité, Jean Pierre Saussac , Georges Ughetto ( la Nesque propre), Anthony Roux ( PNR Mt Ventoux) , Cécile Boule ( LPO Ventoux), M. Claude Labro, maire de Sault, Jean Pierre Ranchon, 1erAdjoint Sault, Maurice Constantin, à la visite du chantier de sécurisation avifaune sur la ligne HTA située sur la propriété de M. Maurice Constantin à Sault . Une équipe de quatre techniciens  d’ENEDIS  est intervenue pour  installer deux roues d’effarouchement. Les oiseaux ne pourront plus se poser entre les  deux roues sur la tête du pylône.

Dorénavant, dans ce coin du Mont Ventoux, les oiseaux pourront vivre en toute sécurité !

Merci  à tous les acteurs

Texte : Jean Pierre SAUSSAC

Photos : ENEDIS, Jean Pierre SAUSSAC, Anthony ROUX

 

Le reportage ENEDIS : CLIQUEZ ICI

 

De gauche à droite :

Jean Pierre Ranchon, Jean Pierre Saussac, Claude Labro, Cindy Mahieu, Georges Ughetto, Cécile Boule, Anthony Roux et Emilie Blondel

 



Ajouté le 10/05/2025 par Jean Pierre SAUSSAC - 0 réaction

Beaucaire Terre d'Argence !

 

Samedi 26 avril 2025, la journée à Beaucaire s’est déroulée sous le signe de la découverte. Entre visites guidées, repas convivial et exploration historique, chaque moment a offert une plongée dans le riche patrimoine de cette ville dynamique située sur les rives du Rhône.

Par un temps ensoleillé, notre groupe s’est réuni devant l’Office de Tourisme de Beaucaire, pour entamer cette journée culturelle. L’accueil chaleureux de notre guide conférencière Christine Berthon, a permis de lancer la matinée dans une ambiance conviviale.

A l’ombre de platanes tricentenaires nous avons d’abord eu droit à une immersion dans l’histoire de Beaucaire, qui a connu un essor spectaculaire aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce à la Foire de la Sainte Madeleine. Ce rendez-vous commercial en début d’été transformait alors la ville en zone franche, attirant des marchands de tout le royaume et de la Méditerranée, grâce à son port sur le Rhône.

Puis nous avons parcouru les rues pittoresques de Beaucaire pour découvrir les hôtels particuliers les plus somptueux de la ville. Les façades imposantes, les cours intérieures élégantes et les détails architecturaux raffinés sont autant de témoins d’une époque de prospérité et de grandeur. Les anecdotes partagées par une guide passionnée ont donné vie à ces lieux d’exception.

Le groupe s’est ensuite retrouvé au restaurant " Espace Chalet des sports" près des arènes pour une pause gourmande qui a permis de savourer la cuisine locale tout en échangeant nos impressions.

L’après-midi a été consacrée à l’exploration de la forteresse médiévale, un joyau historique perché sur un éperon rocheux. Depuis le sommet, la vue panoramique sur la Provence environnante et les rives du Rhône nous a offert un spectacle naturel à couper le souffle.

Ancienne résidence des Comtes de Toulouse, la forteresse a joué un rôle central dans l’histoire du Languedoc. Bastion stratégique, théâtre de sièges violents et résidence de la sénéchaussée administrant les possessions royales dans le Midi, ce lieu est chargé d’histoire. Guidés par une conférencière experte, nous avons remonté le temps pour revivre les moments marquants de cet édifice.

Ravis de leur journée, les participants ont quitté Beaucaire avec de bons souvenirs et une meilleure compréhension de son histoire et de son patrimoine.

 

Texte :Christian Mascaux

Photos : Michèle Dubois, Christian Mascaux, Henri Bernard, Jean Pierre Saussac

 

Découvrez la galerie photo : CLIQUEZ ICI

 

 

 



Ajouté le 01/05/2025 par Christian Mascaux - 0 réaction

 

Ce jeudi 27 mars nous avons réalisé une sortie pédagogique au lac de St Trinit avec les 2 classes de 4eme du Collège du Pays de Sault. Il s’agissait de la 2eme édition d’une sortie déjà riche en apprentissages l’année précédente.

Préparée et animée par Georges Ughetto, membre actif de l’association la Nesque Propre, accompagné du président de l’association Jean-Pierre Saussac, cette sortie était consacrée à la reproduction des crapauds et à toutes les connaissances pouvant s’en approcher de près ou de loin.

 

 

Les élèves ont eu la chance de pouvoir observer des spécimens de crapauds communs (Bufo bufo) dans leur milieu naturel de reproduction. Il y avait des mâles et des femelles, libres ou en plein accouplement. Ils ont pu également observer les œufs, véritables chapelets recouverts d’une substance protectrice.

Ils ont pu, de plus, travailler sur des détails anatomiques et physiologiques de ces spécimens mais également d’expliquer tout le travail fait en 2020 pour palier à une mortalité importante des crapauds venant se reproduire. Ces derniers ne parvenaient pas en effet à escalader les parois artificielles et glissantes du Lac de St Trinit et finissaient par se noyer. Les membres de l’association la Nesque Propre ont alors installé des échelles à batraciens leurs permettant de revenir sur la terre ferme après avoir donné la vie.

 

 

Goerge Ughetto avait également préparé un historique du lac de St Trinit, allant de la naissance même du nom du village jusqu’à la reconstitution géographique de ce lac et de ses affluents et sa connexion directe avec les Gorges de la Nesque.

En fin, les élèves ont pu s’initier à des mesures physiques réalisables autour du cours d’eau : mesure de la vitesse d’écoulement de l’eau, de la profondeur du cours d’eau puis calcul de son débit.

 

 

Cette journée fût une nouvelle fois une belle réussite et un joli moment de partage entre un ancien enseignant de SVT, des élèves curieux et un président d’association passionné et dévoué.

Monsieur BERDAGUÉ, enseignant de SVT du Collège du Pays de Sault



Ajouté le 23/04/2025 par Alexis Berdagué - 0 réaction

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